Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le député, nous sommes entre les deux tours de ces élections régionales. Nous devons donc ici, dans l'enceinte de la République qu'est le Parlement où bat le cœur de la démocratie, respecter cette campagne.
Les enseignements et les leçons que nous devons en tirer ne sont pas nouveaux. Nous connaissons d'ailleurs souvent les réponses.
Ce que je peux vous répondre, c'est que le premier enseignement est le suivant : même s'il y a eu un sursaut de participation, l'abstention reste beaucoup trop importante - un Français sur deux seulement s'est déplacé. Le seul message que nous puissions faire passer en vue du scrutin de dimanche prochain, c'est d'aller voter, voter pour l'avenir des régions et voter pour une certaine conception de la République.
Notre deuxième inquiétude tient naturellement au niveau du vote de l'extrême-droite et au péril qu'il peut représenter pour la République et pour l'image de notre pays.
Face à cela, d'ici dimanche prochain, le reste, me semble-t-il, appartenant au débat, je peux vous faire au moins trois réponses.
La première est de rester dignes, à la hauteur de l'attente et des exigences des Français ; la deuxième, pour ce qui concerne la majorité, je ne peux vous répondre que cela, c'est de nous rassembler – c'est ce qui a été fait dans les régions et c'est ainsi que nous répondons à l'attente des Français ; la troisième leçon, c'est que partout vive la République. C'est le choix qu'a fait la majorité et c'est ainsi que nous apporterons une réponse aux Français. La seule réponse dans ces moments-là, au-delà du débat démocratique, c'est la République, ses valeurs, l'autorité de l'État, qui doit s'imposer partout, et la défense de notre manière d'être français et de vivre ensemble.
Voilà, monsieur le député, les premières leçons que nous pouvons tirer du premier tour, mais une campagne électorale se juge aux résultats du deuxième tour. Pour le reste, je vous donne donc rendez-vous après.