Jean-Luc LaurentMonsieur le ministre de l'intérieur, ce week-end, le Conseil français du culte musulman a pris une heureuse initiative en organisant une opération « mosquées ouvertes », pour inviter tout le monde à découvrir les lieux, mais aussi la réalité de l'islam de France. Vous vous êtes rendu à Saint-Ouen, quand j'étais pour ma part au Kremlin-Bicêtre.
Heureuse initiative, mais aussi courageuse initiative que de l'organiser en ce week-end de janvier, un an après les tueries de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, attentats commis au nom d'un islam malade, assassin et djihadiste, d'un islam de mort. La République n'a pas à faire la police des religions, mais elle doit, avec lucidité, veiller à favoriser un islam ouvert et pacifique, un islam démocratique et, demain, peut-être, sécularisé. À l'échelle des siècles et au vu de la situation du monde, on mesure toute la difficulté de la tâche.
Pourtant, c'est à cela qu'aspirent plusieurs millions de Français qui veulent croire en paix et pratiquer cet islam ouvert. Cela relève d'abord de la responsabilité de nos compatriotes musulmans, mais, dans le cadre protecteur de la loi de 1905, qui n'a pour moi rien d'une contrainte ou d'un carcan, la République doit autant que possible les y aider, à tous les niveaux.
J'ai signé, il y a quelques semaines, le bail emphytéotique administratif permettant la construction d'une mosquée au Kremlin-Bicêtre. Certaines voix se sont élevées pour proposer la création d'un véritable institut des cultures musulmanes, en faveur d'un islam des Lumières contre les prédicateurs obscurantistes comme Tariq Ramadan. Que comptez-vous faire, monsieur le ministre ?