M. le président. La parole est à M. Jacques Myard, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
M. Jacques Myard. Monsieur le Premier ministre, à l'évidence, la gauche, en particulier le Parti socialiste, a une faiblesse congénitale avec l'économie. À chaque élection, vous nous promettez la lune !
Plusieurs députés du groupe SRC. Vous aussi !
M. Jacques Myard. Après le temps des chimères socialistes - et c'est sans doute un pléonasme ! - vient le temps des réalités et du boomerang, le temps où vous devez faire des entrechats en permanence et du trapèze avec votre idéologie !
M. Patrick Lemasle. Et Myard, du poney-club !
M. Jacques Myard. Mais, au lieu de regarder en face les réalités, vous biaisez et faites diversion. Vous faites diversion en sonnant la charge sur les riches, oubliant que la fuite du capital, c'est des investissements en moins aujourd'hui et des emplois en moins demain. Comme vous le rappelle M. Gerhard Schröder, socialiste allemand, vous faites diversion en voulant taxer les familles et les allocations familiales, oubliant que le renouvellement des générations, c'est la chance de la France ! Pire encore, vous faites diversion avec des projets de société sectaires, tel le mariage des homosexuels , une absurdité au nom d'une prétendue égalité au mépris même de l'intérêt de l'enfant ! Vous faites diversion avec le vote des étrangers ...
M. le président. S'il vous plaît, mes chers collègues !
M. Jacques Myard. ...qui accentue les dérives communautaires , qui met aujourd'hui en péril l'unité nationale !
Je ne suis pas de ceux, monsieur le Premier ministre, qui rangent au rang de ses espérances les malheurs de notre pays ! Mais je vous rappellerai le mot solennel de ce noble de la cour de Louis XVI : " Sire, méfiez-vous, ce peuple est terrible " ! " Je vous le dis : écoutez le peuple qui gronde ! Quand allez-vous cesser de pousser ces projets de société qui divisent les Français ?
M. François Rochebloine. Très bien !
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie et des finances.
M. Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances. Monsieur le député Jacques Myard, nous sommes, ici, dans un exercice de questions d'actualité et je ne sais où se situe, finalement, votre question. J'ai compris qu'il s'agissait d'une charge conduite avec votre finesse, votre subtilité et votre sens des nuances habituels ! Je tenais à vous en féliciter chaleureusement !
Mais ce que je voulais surtout vous dire, c'est que ce gouvernement entreprend effectivement des réformes de société. Vous comprendrez que le ministre de l'économie et des finances ne s'y étende pas trop, non pas qu'il n'en soit pas solidaire, mais parce que cela relève de la charge d'autres ministres. Mais enfin, le mariage pour tous est un progrès !
M. Jacques Myard. Non !
M. Pierre Moscovici, ministre. C'est pourquoi ce combat mérite d'être mené et il le sera le moment venu. Mais surtout, ne laissez pas croire que nous sommes à côté de la réalité. La réalité, c'est ce pays que vous nous avez laissé dans une situation dégradée , un pays dont la compétitivité recule, comme en atteste le rapport Gallois, un pays endetté au-delà de tout ce qui est possiblement acceptable, un pays qui connaît un chômage de 10 %.
Le Gouvernement de Jean-Marc Ayrault est attaché au redressement. Nos priorités sont d'abord d'ordre économique et social : l'emploi, l'emploi, l'emploi, mais aussi la jeunesse, la préparation de l'avenir, le redressement de la compétitivité. C'est le sens de tout ce que nous faisons à travers le sérieux budgétaire... Eh oui, parce que c'est nécessaire pour désendetter le pays. C'est le sens de tout ce que nous faisons à travers la construction européenne que nous voulons refonder et orienter ; C'est le sens enfin de tout ce que nous faisons en faveur de la compétitivité que vous avez délaissée. C'est aussi le sens de mesures telles que les emplois d'avenir ou encore le contrat de génération. Oui, la gauche travaille pour le bien public, la gauche redresse le pays , la gauche est à la tâche ; et vous, vous faites de l'idéologie avec une conception totalement passéiste de ce grand pays qu'est la France !