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📜Proposition de loi visant à accélérer la rénovation thermique des logements, en garantissant un reste à charge zéro pour les ménages les plus modestes réalisant des travaux et en interdisant réellement les logements les plus énergivores
Aurélie Trouvé
10 oct. 2022

🖋️Amendements examinés : 75%
2 Adoptés7 En attente8 Rejetés
4 Irrecevables
1 Non soutenus
4 Tombés
Liste des Amendements
Article 1
🖋️Adopté
Bastien Marchive
10 nov. 2022

Supprimer cet article.

🖋️En attente
Bastien Marchive
19 nov. 2022

Supprimer cet article. 

🖋️Irrecevable
Christine Loir
21 nov. 2022

Après l'alinéa 5,

Insérer l'alinéa suivant : 

"Dans le but de permettre une accessibilité totale à la rénovation énergétique, aucun frais ne devra être avancé par les propriétaires du logement concerné par une rénovation thermique. L'Etat devra donc par conséquent mettre à disposition les fonds, en amont des travaux, sous réserve d’un engagement à réaliser ces travaux, signé par les propriétaires."

🖋️Irrecevable
Charles Fournier
10 nov. 2022

I. – Compléter l’alinéa 2 par les mots : « et après le mot « modestes » sont insérés les mots : « et d’un reste à charge de 10 % pour les ménages à revenu intermédiaire » ».

II. – À l’alinéa 3, après le mot : « modestes », insérer les mots : « et un reste à charge de 10 % pour les ménages à revenu intermédiaire ».

III. – À l’alinéa 4, après le mot : « modestes », insérer les mots : « et des ménages à revenu intermédiaire ».

🖋️Rejeté
Charles Fournier
10 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

I. – Après la deuxième phrase du 5° du I de l’article L. 100‑1 A du code de l’énergie, est ajoutée une phrase ainsi rédigée : « L’atteinte de ces objectifs se fait également en accroissant significativement la part de matériaux biosourcés dans les travaux de rénovation énergétique des logements, notamment à l’aide de mécanismes incitatifs à leur utilisation et par le développement de filières françaises de production et d’installation. »

II. – Un décret en Conseil d’État fixe la définition des matériaux biosourcés mentionnés au I du présent article en reprenant celle établie à l’article 1 de l’arrêté du 19 décembre 2012 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label « bâtiment biosourcé ».

🖋️Rejeté
Aurélie Trouvé
14 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Le III de l'article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 est complété par les mots : ", ou lorsque le logement a fait l'objet d’une opération de rénovation thermique performante et globale au sens du 17° bis de l'article L. 111-1 du code de la construction et de l'habitation et a bénéficié d’une aide publique mentionnée au 5° de l'article L. 100-1 A du code de l'énergie."

🖋️Tombé
Aurélie Trouvé
15 nov. 2022

Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :

« 1° bis Le même I est complété par un alinéa ainsi rédigé : »Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent I, notamment les conditions et limites de la prise en charge par l’État des rénovations énergétiques performantes et globales mentionnées à la deuxième phrase du 5° . » »


Article 2
🖋️Adopté
Bastien Marchive
10 nov. 2022

Supprimer cet article.

🖋️En attente
Bastien Marchive
19 nov. 2022

Supprimer cet article. 

🖋️En attente
Lionel Vuibert
21 nov. 2022

Supprimer l’alinéa 3. 

🖋️En attente
Sébastien Chenu
21 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement prend toutes les mesures d’information nécessaires afin d’assurer la connaissance par ceux initiant des travaux de rénovation thermique, des aides et crédits d'impôts que peuvent leur proposer l’État et les collectivités locales en la matière. 

🖋️En attente
Nicolas Meizonnet
21 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la mise en place des aides à la rénovation thermique des logements. Ce rapport évalue l’efficacité des aides de l’État sur ces rénovations, leur impact sur le nombre de rénovations ainsi que sur le prix de ces dernières.

🖋️En attente
Thierry Frappé
21 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de douze mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport relatif à la situation énergétique du parc immobilier français à la suite de la mise en place des aides à la rénovation thermique des logements. Ce rapport permet d’analyser l’efficacité des aides de l’État sur ces rénovations et leur impact sur le nombre de rénovations.

🖋️En attente
Thierry Frappé
21 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport portant sur les incohérences rencontrées par les propriétaires liées au diagnostic de performance énergétique, notamment à la suite des différences de notes au sein de logements différents avec un système de chauffage identique. Ce rapport permettra de mieux appréhender les évolutions des méthodes d’évaluation de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie avec les logiciels d’expertises. 

🖋️Rejeté
Aurélie Trouvé
13 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Après l’article L. 211‑2 du code de l’énergie, il est inséré un article L. 211‑2‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 211‑2‑1. – Les dispositifs d’aides publiques en faveur de la maîtrise de la demande en énergie et de la délivrance des certificats d’économie d’énergie doivent favoriser prioritairement les rénovations globales et performantes des logements par rapport aux gestes uniques. 

« Un décret fixe les modalités d'application du présent article. »

🖋️Rejeté
Julie Laernoes
10 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Après l’article L. 211‑2 du code de l’énergie, il est inséré un article L. 211‑2‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 211‑2‑1. – Les dispositifs d’aides publiques en faveur de la maîtrise de la demande en énergie et de la délivrance des certificats d’économie d’énergie doivent favoriser prioritairement les rénovations globales et performantes des logements par rapport aux gestes uniques. 

« Un décret fixe les modalités d'application du présent article. »

🖋️Rejeté
Julie Laernoes
10 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

À compter de la promulgation de la présente loi, à titre expérimental et afin de permettre le repérage des ménages en situation de précarité énergétique, les organismes de sécurité sociale et ceux chargés de gérer l’aide au logement et l’aide sociale, les fournisseurs et distributeurs d’énergie ainsi que les services fiscaux fournissent aux collectivités territoriales et à leurs groupements chargés de la lutte contre la précarité énergétique les données nécessaires à l’identification des ménages en situation de précarité énergétique.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés est préalablement consultée en application de la loi n° 78‑17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.

L’expérimentation prend fin au plus tard cinq ans après la promulgation de la présente loi.

🖋️Rejeté
Aurélie Trouvé
14 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 31 juillet 2023, un rapport sur l’opportunité de créer un nouvel opérateur public ou de renforcer les missions de France Renov, afin de parvenir à une meilleure structuration de la filière professionnelle liée aux travaux financés par l’État en faveur de la rénovation thermique des logements. 

Ce rapport définira, le cas échéant, les missions qui pourraient être confiées à ce nouvel opérateur national, notamment la certification des entreprises réalisant des travaux bénéficiant d’un financement public pour la rénovation thermique, la certification des travaux en fin de chantier, la structuration des filières professionnelles et celle des formations permettant d’obtenir cette certification.

Ce rapport étudiera également l’opportunité de prévoir un recours systématique à un professionnel qualifié pour piloter et accompagner la réalisation des travaux concernés.

🖋️Rejeté
Aurélie Trouvé
14 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de 4 mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur le renforcement des moyens de fonctionnement nécessaires à l’ANAH et au dispositif France Renov’.

Le rapport présentera un état des lieux des besoins, différenciés au plan géographique (départements et régions), et étudiera les voies et moyens d’un déploiement de moyens budgétaires et techniques renforcés, en lien avec les collectivités territoriales.

🖋️Non soutenu
Nicolas Meizonnet
10 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de quatre mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la mise en place des aides à la rénovation thermique des logements. Ce rapport évalue l’efficacité des aides de l’État sur ces rénovations, leur impact sur le nombre de rénovations ainsi que sur le prix de ces dernières.

🖋️Rejeté
Dino Cinieri
7 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les dysfonctionnements liés au diagnostic de performance énergétique, en particulier ceux correspondant aux écarts de notes et aux différences de travaux préconisés en fonction du diagnostiqueur. Ce rapport présente des propositions pour améliorer la formation des diagnostiqueurs, réviser le processus de certification des professionnels du diagnostic et rendre opposable aux diagnostiqueurs les allégations du diagnostic de performance énergétique sur les travaux recommandés.

🖋️Irrecevable
Laurence Robert-Dehault
21 nov. 2022
Après l'article 2, insérer l'article suivant:

Pour le calcul des impôts mentionnés aux 1° et 3° du I. de l'article 1379 l’impôt mentionné à l’article 1380 du code général des impôts, la valeur locative mentionnée à l’article 1496 du même code est minorée de la surface habitable perdue en raison de travaux de rénovation énergétique ayant pour effet d’entrainer le classement du ou des biens locatifs cconcernés dans une catégorie égale ou inférieure à la « classe D » mentionnée au neuvième alinéa de l’article L173-1-1 du Code de la construction et de l'habitation.

 

🖋️Tombé
Aurélie Trouvé
13 nov. 2022

Après l’alinéa 5, insérer l'alinéa suivant :

« I bis (nouveau). – Les dispositions du I du présent article s’appliquent également aux logements meublés et saisonniers. »

🖋️Tombé
Julie Laernoes
10 nov. 2022

Après l’alinéa 5, insérer l'alinéa suivant :

« I bis (nouveau). – Les dispositions du I du présent article s’appliquent également aux logements meublés et saisonniers. »

🖋️Tombé
Aurélie Trouvé
15 nov. 2022

Après l’alinéa 5, insérer les quatre alinéas suivants :

« Le non-respect de cette interdiction entraîne, pour le bailleur, l’obligation de mettre les logements considérés en conformité dans un délai de trois mois après constat dressé par l’autorité compétente en matière de police de l’habitat.

« Le relogement des locataires rendu nécessaire par l’exécution des travaux est à la charge du bailleur, qui peut déduire de cette charge le montant du loyer habituellement acquitté par le locataire présent dans les lieux au jour du constat.

« À défaut d’engagement des travaux de mise en conformité dans le délai de trois mois précité, le propriétaire s’acquitte d’une amende administrative de 100 € par jour de retard, dont le produit est reversé à l’Agence de l’habitat mentionnée à l’article L. 321‑1 du code de la construction et de l’habitation. »

 « Un décret en conseil d’État précise les modalités d’application du présent article. »


Article 3
🖋️Irrecevable
Bastien Marchive
10 nov. 2022

Supprimer cet article. 

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 5min.

Mesdames, Messieurs,

La procrastination irresponsable du Gouvernement superposée au chaos du marché de l’énergie nous place dans une situation d’extrême urgence. En un an, sur le marché européen, le prix du gaz a été multiplié par 20 et celui de l’électricité par 10. Les 12 millions de Français en situation de précarité énergétique souffrent déjà du froid faute de pouvoir payer les factures ou d’un logement bien isolé. Une nouvelle hausse des prix du gaz et de l’électricité à hauteur de 15 % annoncée pour janvier et février 2023 risque d’aggraver encore la situation, voire de faire basculer davantage d’individus dans la précarité. En effet, cela représenterait une hausse moyenne de 300 euros par an pour les ménages qui se chauffent au gaz et de 240 euros par an pour ceux se chauffant à l’électricité.

Pourtant, le Gouvernement ne semble pas prendre la mesure du risque de déflagration sociale. Il refuse toujours de bloquer les prix et de mettre à contribution ceux qui se gavent en taxant les surper‑profits. In fine, le “bouclier tarifaire” s’est mué en “envolée tarifaire”. Les Français payent deux fois : leurs factures et le fameux “bouclier” financé sur fonds public. Autrement dit, le Gouvernement pioche dans le trésor public pour enrichir le trésor privé. C’est par exemple le cas de Total. En un an, le prix du gazole a doublé tandis que Total a doublé ses bénéfices (18 milliards) et augmenté son PDG de 52 %. L’aumône consentie sous forme de ristourne s’élève à seulement 500 millions d’euros, soit 30 fois moins que ses bénéfices. Cette ristourne a d’ailleurs permis à Total de gagner des parts de marché, et donc d’accroître le volume de carburants vendus !

À la conjoncture se superposent des défaillances structurelles. L’absence de planification et d’investissement massif dans la rénovation thermique des logements place des millions de Français dans une situation invivable. L’Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) recense 5,2 millions de passoires thermiques, soit une résidence principale sur 6. Le chantier est d’ampleur : 10 % des résidences principales ont une étiquette F et 7 % une étiquette G ! À cela s’ajoutent 1,2 million de passoires énergétiques dans les résidences secondaires et 0,8 million dans les logements vacants. La France compte au total 7,2 millions de passoires thermiques sur l’ensemble du parc de logements.

L’inaction du Gouvernement est à son comble. L’an dernier, seuls 2 500 logements sont sortis du statut de passoire thermique. À ce rythme, il faudrait deux millénaires pour rénover l’ensemble des passoires thermiques du pays. Les politiques du Gouvernement en matière de rénovation thermique sont d’autant moins efficaces qu’elles n’incitent pas aux rénovations globales. Dans son rapport annuel de juin 2022, le Haut conseil pour le climat (HCC) est très clair : « Le dispositif MaPrimeRenov’ est un programme d’aide à la rénovation énergétique des logements qui favorise la rénovation partielle, mais pas les rénovations énergétiques performantes ». En clair, les données dressant le bilan du dispositif MaPrimeRénov’ témoignent d’une politique du chiffre au détriment d’une politique qualitative et efficace. Sur plus de 700 000 primes accordées en 2021 pour un montant de 2,8 milliards d’euros, seuls 60 000 logements ont fait l’objet d’une rénovation globale.

De plus, la filière de la rénovation thermique des bâtiments n’a pas été structure lors du premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Le HCC, dans le même rapport annuel, souligne en effet l’échec de la planification en matière de rénovation : « La structuration des filières de rénovation et la montée en compétences des professionnels ne sont pas encore suffisantes pour atteindre les objectifs de performance de la SNBC ». Pourtant, il est nécessaire de former et recruter massivement pour réaliser la rénovation thermique des bâtiments et atteindre nos objectifs de réduction de gaz à effet de serre ainsi que la neutralité carbone en 2050. Cet objectif de rénovation serait pourvoyeur de nombreux emplois : 250 000 emplois supplémentaires pourraient être créés dans le secteur de la rénovation dès 2030, et 300 000 en 2040, d’après le scénario 2022 de négaWatt.

Les défaillances de la politique d’accompagnement pour les ménages les plus modestes sont mises en avant dans de nombreuses études. Sur les passoires thermiques, le rapport annuel du HCC indique que « l’éradication des passoires thermiques reste mal accompagnée, avec des réglementations et des dispositifs d’aide inadaptés ». Les conclusions allant dans le même sens sont également mentionnées dans un rapport de I4CE de février 2022 : “les aides actuelles ne permettent pas de rendre économiquement viables les rénovations globales. En effet, après déduction de MaPrimeRénov’, des CEE et des aides de l’ANAH, le reste à charge des rénovations globales est généralement prohibitif. La plupart du temps, il conduit les ménages à abandonner le projet avant même de considérer un emprunt. (…) la seule perspective de réaliser des économies d’énergie ne suffit pas à convaincre les ménages de se lancer dans une opération de rénovation globale : pour la plupart des simulations, le temps de retour sur investissement brut est supérieur à 10 ans”. Dans ce rapport, il est précisé que “pour les ménages qui envisagent de réaliser des rénovations globales, les aides publiques ne couvrent ainsi qu’une faible part du coût total des travaux (20 à 40 % du coût total sur les simulations réalisées), pour financer le reste à charge, un apport personnel important est nécessaire par le ménage. Ce dernier renonce la plupart du temps aux travaux”.

Il est urgent de faire en sorte que les coûts de travaux ne soient pas un obstacle à la réalisation de travaux de rénovation énergétique des logements. En somme, l’un des leviers majeurs pour atteindre au plus vite l’objectif de rénovation d’au moins 700 000 logements par an réclamé par les associations est de privilégier les rénovations complètes et de cibler les aides à la rénovation en fonction des revenus des ménages, avec un reste à charge zéro pour les plus modestes. C’est le sens de cette proposition de loi. Elle traduit un des engagements du programme partagé de Gouvernement de la NUPES au service de l’intérêt général.

Cette proposition de loi vise également à réellement interdire les passoires thermiques. En effet, le dispositif issu de l’article 160 la loi Climat et Résilience n’implique pas d’interdiction des logements les plus énergivores mais prévoit uniquement de classer, en Hexagone, les logements G, F et E comme des logements indécents, à partir de 2025, 2028 et 2034 respectivement. Les passoires thermiques (F et G) ne seront donc plus considérées comme « décentes » à partir de 2028. Pour les Outre‑mer les délais sont encore plus importants ! Pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion et Mayotte, les logements classés G seront considérés indécents qu’en 2028 et ceux classés F en 2031, tandis que les logements E ne sont pas concernés. Ainsi, avec un tel dispositif, les logements déjà loués pourront le rester, sans obligation de rénovation thermique. De plus, la charge repose sur les locataires, souvent précaires, pour faire valoir leurs droits et de poursuivre les propriétaires. Cette proposition de loi vise donc à interdire purement et simplement, sur tout le territoire français, la location des passoires thermiques.

L’article 1er vise à instaurer un reste à charge zéro pour les ménages les plus modestes réalisant une rénovation thermique globale.

L’article 2 vise à interdire réellement la location des logements les plus énergivores.

Article 1

I. – Le code de l’énergie est ainsi modifié :

1° À la deuxième phrase du 5° du I de l’article L. 100‑1 A, le mot : « minimal » est remplacé par le mot : « zéro ».

2° À la deuxième phrase du second alinéa du II de l’article L. 232‑2, après le mot : « privées », sont insérés les mots : « atteignant un reste à charge zéro pour les ménages les plus modestes qui réalisent une rénovation énergétique performante définie au 17° bis de l’article L. 111‑1 du code de la construction et de l’habitation, ».

II. – Un décret en Conseil d’État fixe chaque année les revenus fiscaux de référence par ménage applicables pour la définition des ménages les plus modestes mentionnés au présent article.

Article 2

I. – Après l’article 6 de la loi n° 89‑462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86‑1290 du 23 décembre 1986, il est inséré un article 6 bis ainsi rédigé :

« Art. 6 bis. – Les logements dont le niveau de performance au sens de l’article L. 173‑1‑1 du code de la construction et de l’habitation sont interdits à la location :

« 1° À compter du 1er janvier 2025 pour la classe égale à G ;

« 2° À compter du 1er janvier 2028 pour les classes égales ou inférieures à F ;

« 3° À compter du 1er janvier 2032 pour les classes égales ou inférieures à E. »

II. – Le 3° du I de l’article 160 de la loi n° 2021‑1104 du 22 août 2021 portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets est abrogé.

Article 3

La charge pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

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