Mesdames, Messieurs,
En janvier 2018, l’Arcep, le Gouvernement et les opérateurs annonçaient un accord historique destiné à généraliser une couverture mobile de qualité pour tous les Français : le New Deal mobile. Cet accord comporte plusieurs engagements ayant pour le double objectif d’améliorer la qualité du service et d’accélérer la couverture mobile des territoires. Six ans après, le New Deal Mobile a produit des effets tangibles, et les zones rurales ont été les premières bénéficiaires des déploiements.
Pour atteindre les objectifs et les délais ambitieux du New Deal Mobile, plusieurs mesures de simplification ont été mises en œuvre dès 2018, notamment à travers la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN). Ces mesures ont permis d’accélérer considérablement le déploiement des sites télécoms : l’avis de l’architecte des Bâtiments de France, dans le cas des autorisations d’urbanisme portant sur les antennes relais, est devenu consultatif ; la remise du dossier d’information au maire doit s’opérer sous un délai d’un mois contre deux initialement, avant dépôt des demandes d’autorisation d’urbanisme ou démarrage des travaux ; les autorisations d’urbanisme concernant les antennes relais n’ont pu être retirées à titre expérimental jusqu’au 31 décembre 2022 ; le déploiement des antennes en zone de montagne a été autorisé par dérogation aux dispositions de la loi Montagne instaurant un principe de continuité d’urbanisation.
Aujourd’hui, alors que le besoin de connectivité mobile va toujours croissant, il apparaît nécessaire de se donner les moyens de parachever la couverture mobile du territoire. Si la loi ELAN a permis de lever une part significative des obstacles au déploiement rapide des réseaux, plusieurs difficultés subsistent et continuent de ralentir le déploiement des infrastructures de téléphonie mobile : aussi, un choc de simplification et d’accélération dans le déploiement de la couverture mobile du territoire est nécessaire, afin de concilier au mieux le déploiement de cette couverture nécessaire avec les règles d’urbanisme.
L’article 1er de cette proposition de loi vise à créer dans le code de l’urbanisme une nouvelle dérogation à la loi n° 86‑2 du 3 janvier 1986 relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral (Loi Littoral) pour les infrastructures de téléphonie mobile. En effet, les littoraux font face aux défis d’une population variable à l’année et de conditions spécifiques de propagation des ondes électromagnétiques à proximité de la mer, ce qui requiert, plus qu’ailleurs, le déploiement d’antennes relais sur des points hauts, naturels ou artificiels, ces derniers prenant en général la forme de pylônes implantés dans les zones adéquates. Par ailleurs, l’atteinte des objectifs de couverture mobile fixés par le New Deal Mobile nécessite l’implantation de nombreux nouveaux sites dans plusieurs communes relevant de la Loi Littoral. Aussi, la dérogation prévue au présent article serait octroyée par le maire ou le président de l’établissement public intercommunal compétent, après avis ou accord de l’Agence nationale des fréquences (ANFR), et après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites.
L’article 2 vise à qualifier l’implantation de stations relais de téléphonie mobile d’équipement public exceptionnel au sens de l’article L. 332‑8 du code de l’urbanisme, afin de permettre aux opérateurs de prendre en charge le coût des raccordements correspondant à l’extension située hors du terrain de l’opération, normalement due par la commune, mais pouvant atteindre des sommes très importantes. Cette prise en charge permettra d’accélérer le raccordement des stations relais, puisqu’aujourd’hui le délai moyen entre le dépôt de la demande de raccordement et le raccordement effectif d’un site issu du dispositif de couverture ciblée s’élève à presque neuf mois.
Tel est l’objet de la présente proposition de loi.