À
Najat Vallaud-Belkacem,
Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, 🧭Gouvernement Valls 2 •
14 avr. 2015Mme Aurélie Filippetti appelle l'attention de Mme la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les inquiétudes notamment des professeurs de lettres liées aux menaces qui pèsent sur l'enseignement des langues anciennes au collège. Alors que la réforme des collèges s'apprête à transformer l'option latin et grec au collège en EPI (enseignements pratiques interdisciplinaires) ou à en diminuer le nombre d'heures d'enseignement, elle souhaite souligner l'importance du latin et du grec et défend leur enseignement au collège. La maîtrise de la langue est le plus bel outil d'émancipation et de liberté qu'une société puisse offrir à ses enfants. Maîtriser une langue, c'est en percevoir les subtilités et les nuances les plus infimes, qui reflètent la complexité du réel qui nous entoure mais aussi la variation des sentiments qui nous animent. Maîtriser une langue, c'est en être le dépositaire et l'inventeur, l'héritier et le révélateur permanent. Cela passe par une connaissance de son histoire, l'étymologie, les constructions grammaticales, qui prennent tout leur sens lorsqu'on en comprend la genèse. L'histoire des langues modernes est comme celle des hommes : elles naissent de sources mêlées. Le français n'existerait pas sans les langues qui l'ont précédé et qui apparaissent encore dans chacune de nos phrases. Connaître les langues anciennes c'est donc s'ouvrir l'horizon, l'esprit, apprendre la simplicité d'une grammaire française que l'on dit difficile, comprendre le sens des mots à travers leurs parcours. Aussi, comme de nombreux parents d'élèves, professeurs de lettres, universitaires, académiciens, intellectuels, écrivains, artistes, créateurs, élus, elle fait part de ses inquiétudes sur ce projet de réforme de l'enseignement du latin et du grec et pour l'avenir des langues anciennes au collège et lui demande quels sont les moyens et les mesures mis en œuvre pour que ces langues anciennes soient toujours enseignées dans les établissements de la République.