À
Laurent Fabius,
Ministère des affaires étrangères et du développement international, 🧭Gouvernement Valls 2 •
15 sept. 2015Mme Fanélie Carrey-Conte attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur les conditions d'engagements des stagiaires de l'ONU. Au cours de l'été, la presse a relaté le cas de David Hyde, jeune Néo-zélandais en stage à l'ONU et contraint de loger sous une tente au bord du Lac Léman. Le caractère mis en scène de cet évènement, qu'il a reconnu, a ainsi permis d'attirer l'attention sur le statut des stagiaires de l'organisation. Les stages proposés par l'ONU sont d'une durée de deux à six mois. Actuellement, les stagiaires, s'ils effectuent un réel travail et peuvent même se voir confier la responsabilité de missions particulières, ne bénéficient cependant d'aucune forme de rémunération ou d'indemnisation. La totalité des frais liés à leur stage, qu'il s'agisse du visa, du voyage depuis leur pays d'origine vers le lieu de leur stage, des frais de logement ou de transport sur place sont entièrement à leur charge. Ils ne bénéficient pas de couverture sociale ou de santé et l'ONU ne signant pas de documents n'émanant pas d'elle-même, les stagiaires ne sont pas couverts par une convention de stage émanant de leur école ou de leur université. La grande majorité des stagiaires est affectée dans l'une des deux villes où l'organisation a son siège : New York ou Genève. Le coût de la vie, extrêmement élevé dans ces deux villes, et la précarité du statut ont pour conséquence de ne permettre l'accession à ces stages prestigieux qu'à la seule catégorie d'étudiants issus de familles aisées, créant ainsi beaucoup d'inégalité. Le statut des stagiaires pourrait cependant être amélioré grâce à une modification du Règlement intérieur, procédure nécessitant un vote de l'Assemblée générale sur proposition du Secrétariat général après avis du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires. Elle souhaiterait connaître sa position sur cette question et s'il envisage que la France puisse demander au Secrétariat général de l'ONU l'inscription de cette proposition de modification du Règlement intérieur à l'ordre du jour.