💬éleveursSITUATION DES ÉLEVEURS
M. le président. La parole est à M. Pierre Morel-A-L'Huissier, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
(Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.)
M. Pierre Morel-A-L'Huissier. Monsieur le Premier ministre, je m'adresse aujourd'hui à vous non pas à cause de l'absence physique de M. Le Foll, mais parce que certains s'interrogent sur le rôle exact du ministre de l'agriculture qui s'occupe semble-t-il plus de politique politicienne que de l'agriculture française.
(Protestations sur les bancs du groupe SRC. - Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe UMP.)
Le monde de l'élevage est en ébullition. Dimanche, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont organisé à Paris une manifestation qui a rassemblé 11 000 personnes. Les éleveurs souffrent ; ils rencontrent de grandes difficultés : augmentation des coûts de production, baisse des marges, fixation des prix agricoles, manque de visibilité sur les aides, problèmes liés à l'accompagnement des installations, absence de soutiens aux jeunes agriculteurs et aux exploitations dites viables, contraintes administratives, étiquetage, présence des prédateurs comme le loup,...
M. Jean-Marie Sermier. Très bien !
M. Pierre Morel-A-L'Huissier. ...craintes quant à la nouvelle PAC.
Le monde agricole attend aujourd'hui des actes et non des paroles. Il attend également du ministre de l'agriculture un vrai investissement et non le dilettantisme que dénonce Xavier Beulin, président de la FNSEA.
(Protestations sur les bancs du groupe SRC.)
M. le président. Mes chers collègues, gardons notre calme !
M. Pierre Morel-A-L'Huissier. L'élevage est une chance pour la France et pour nos concitoyens en termes de qualité et de traçabilité. Ceci doit s'entendre dans une complémentarité entre céréaliers et éleveurs. L'élevage est également une réponse aux zones de montagne qui, à défaut, connaîtraient déprise et friche.
Monsieur le Premier ministre, après avoir remis votre ministre de l'agriculture au travail, entendrez-vous cet appel des agriculteurs et des terroirs ? Quelles mesures concrètes pouvez-vous aujourd'hui nous annoncer ?
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'agroalimentaire.
M. Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'agroalimentaire. Monsieur le député, la meilleure réponse à vos insinuations, à vos affirmations, c'est la présence, depuis dimanche soir dernier, de Stéphane Le Foll à Luxembourg pour défendre les intérêts de notre agriculture et de nos agriculteurs.
(Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et RRDP.)
Le Gouvernement, vous le savez, a pris pleinement la mesure des difficultés de l'élevage.
M. Bernard Accoyer. C'est faux !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. Ce n'était pas le cas par le passé.
(Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
M. Lucien Degauchy. Scandaleux !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. Et la manifestation de dimanche dernier avait pour but de sensibiliser les Français aux réalités et aux inquiétudes de ce secteur.
Je vous rappellerai que le Gouvernement a pris des mesures fortes pour répondre, précisément, à ces inquiétudes. D'abord, sur le plan national, il prend des mesures structurelles...
M. Bernard Accoyer. Faux !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. ...à travers le projet de loi sur la consommation que défend Benoît Hamon,...
M. Bernard Accoyer. Il n'y a rien dans ce texte !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. ...destiné corriger les insuffisances de loi de modernisation de l'économie que vous aviez votée des deux mains en 2008.
M. Bernard Accoyer. Mensonge !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. Cette adaptation permettra de renégocier les contrats en cas de variation significative du prix des matières premières.
Mme Catherine Vautrin. C'est faux !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. J'ajoute que des simplifications de procédure seront arrêtées pour faire en sorte qu'on soutienne la production - en particulier l'élevage, évidemment -, dans une logique exemplaire du point de vue environnemental.
Enfin, en complément, nous avons pris des mesures d'urgence pour revaloriser le prix du lait. Il en ira de même pour le prix du porc. Nous nous mobilisons également en faveur des jeunes avec des aides d'urgence pour ceux qui sont exposés en termes de trésorerie - 44 millions d'euros ont ainsi été dégagés.
La mobilisation du Gouvernement est pleine et entière...
M. Bernard Accoyer. Ce n'est pas vrai !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. ...et elle continuera de porter ses fruits.
(Applaudissements sur quelques bancs du groupe SRC.)