💬impôts et taxesMarc Le Fur •
16 oct. 2013 •
agroalimentaireBretagneécotaxesuppression EMPLOI EN BRETAGNE
M. le président. La parole est à M. Marc Le Fur, pour le groupe de l'Union pour un mouvement populaire.
M. Marc Le Fur. Ma question s'adresse à M. le Premier ministre, et je suis convaincu que d'autres députés bretons auraient pu la poser et l'ont à l'esprit, en particulier Isabelle Le Callennec.
Il y a quelques semaines, monsieur le Premier ministre, vous veniez au SPACE à Rennes, courageusement d'ailleurs. Vous avez pu mesurer l'inquiétude des Bretons. Cette inquiétude s'est aujourd'hui transformée en angoisse : angoisse pour la filière automobile, avec PSA, angoisse pour la filière électronique, importante en Bretagne, avec la fermeture d'Alcatel à Rennes, angoisse pour les industries d'armement, qui perdent des crédits, angoisse, enfin, pour toute la filière agroalimentaire – la filière dinde, très importante en Bretagne intérieure, ou encore filière des exportations avicoles, essentielle en particulier dans le Finistère.
Les restitutions, ces subventions à l'exportation, disparaissent ; l'Europe n'en accorde plus. Nous assistons à la passivité de notre gouvernement. Dans l'affaire Gad, où mille salariés sont concernés, vos ministres, M. Le Foll, M. Montebourg, n'ont pas trouvé un moment pour rencontrer ces salariés sur le terrain. C'est tout à fait inquiétant.
L'angoisse est d'autant plus grande qu'il y a encore quelques mois la Bretagne bénéficiait de chiffres du chômage relativement corrects, mais aujourd'hui, tout va très vite, trop vite !
Il vous reste une hypothèse, monsieur le Premier ministre : supprimez l'écotaxe, cet impôt stupide qui pèse sur l'agriculture et l'industrie
(Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI), sur l'économie, peut-être plus en Bretagne que dans d'autres régions. Je veux bien que les sous-secrétaires d'État répondent à quelques questions, mais cette question, je vous la pose à vous !
(Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé de l'agroalimentaire.
(Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)M. Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l'agroalimentaire. Monsieur le député, au-delà des caricatures
(Mêmes mouvements), c'est notre équipe qui est aux côtés des gens qui souffrent. Notre gouvernement, sous l'impulsion de Jean-Marc Ayrault, traite aujourd'hui les problèmes que vous n'avez pas traités en dix ans.
(Applaudissements sur les bancs du groupe SRC. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Nous agissons pour trouver de vraies solutions, des solutions concrètes, durables.
M. Daniel Fasquelle. Baratin !
M. Guillaume Garot, ministre délégué . Nous agissons tout d'abord pour l'agriculture, en ayant une véritable stratégie de filière, pour le porc, pour la volaille, en modifiant la loi de modernisation de l'économie et en rééquilibrant les relations commerciales entre la production, la transformation et la grande distribution,…
M. Philippe Meunier. Baratin !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. …en impulsant une nouvelle politique agricole commune, comme c'était la volonté du Président de la République.
M. Yves Fromion. On voit le résultat !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. C'est aussi une action spécifique pour la Bretagne : tel est le sens de la réunion qui se tiendra demain autour du Premier ministre pour redonner des perspectives à toute cette région. C'est aussi le sens du plan Bretagne que le Premier ministre a annoncé lors du SPACE à Rennes, le 12 septembre. Nos priorités sont claires : plus d'investissement, plus d'innovation, plus d'exportation, plus de formation. Voilà comment nous parviendrons à trouver de vraies solutions.
(Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)M. Philippe Meunier. Assez !
M. Guillaume Garot, ministre délégué. Agir, je vous le dis, c'est être solidaire des salariés, de chez Gad, en particulier, qui sont aujourd'hui dans la détresse et la souffrance. Avec Michel Sapin et Stéphane Le Foll, nous avons, vendredi, annoncé la mise en place immédiate du contrat de sécurisation professionnelle, qui permet de maintenir pendant un an quasiment 100 % du salaire net, d'accompagner les salariés licenciés dans leurs démarches de formation et d'ouvrir de vraies perspectives pour le retour à l'emploi. C'est concret, tangible, durable, cela nous change des polémiques. Voilà ce que nous faisons pour traiter l'urgence et ouvrir de vraies perspectives pour la Bretagne et les Bretons !
(Applaudissements sur les bancs des groupes SRC et écologiste. – Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.)