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🧭Gouvernement Ayrault 2





































🤔entreprises
12 mars 2013
Pierre Aylagas
bâtiment et travaux publicsconcurrencecontrôles
M. Pierre Aylagas appelle l'attention de M. le ministre du redressement productif sur le désarroi de nombre de nos entreprises de BTP en prise avec la concurrence européenne dont les coûts de main-d'oeuvre sont si bas qu'elles ne peuvent rivaliser. C'est vrai sur l'ensemble du territoire, ça l'est encore plus dans les départements frontaliers. Ainsi, dans les Pyrénées-Orientales, le BTP - qui est un acteur économique incontournable représentant 10 % du chiffre d'affaires départemental - subit de plein fouet cette concurrence. Quelques chiffres illustrent ce phénomène : de 10 800 salariés en 2008, on est passé à 8 200 ; 300 détachements de salariés étrangers sont déclarés en 2012 mais on estime de 2 à 3 fois plus la réalité sur le terrain ; au 3e trimestre 2012, une augmentation des demandeurs d'emploi dans le BTP de 23,6 % par rapport à 2011 ; 10 % de chiffre d'affaires en moins dans le négoce de matériaux ; moins 37 % de mise en chantier de logements entre 2011 et 2012 ; plus 12 % de redressements et liquidations judiciaires entre 2011 et 2012 ; 600 auto-entrepreneurs en 2012, soit 55 % des nouvelles inscriptions à la chambre des métiers, le total général s'élevant à plus de 2 000 soit 17 % de l'effectif global. L'activité du BTP est une activité de main-d'oeuvre ; 50 % à 60 % du chiffre d'affaires y est consacré. Dans ces conditions pour réduire les coûts que les clients exigent, le seul levier reste l'aspect social. Les entreprises françaises se voient proposer régulièrement, et de plus en plus, de la main-d'oeuvre de pays européens à des prix imbattables. Certains utilisent de telles pratiques et réussissent ainsi à baisser leurs coûts et à augmenter leur productivité légalement, les contrôles opérés ne décelant pas d'illégalités car une vérification poussée par les services de l'État est quasi impossible. En effet, il suffit aux prestataires étrangers de bien faire les formalités, de rémunérer le salarié au SMIC pour rendre le contrôle compliqué. Mais derrière se cache souvent une minoration du nombre d'heures réalisées ou encore une sous-qualification du salarié, par exemple un maçon très qualifié payé au SMIC serait loin de la grille française de salaires qui serait de 1 900 euros. Aujourd'hui les entreprises françaises employant des salariés français peinent à obtenir des marchés, les écarts de prix avec certains concurrents avoisinent les 30 % voire 40 %. Dans ces conditions l'emploi de salariés français devient difficile et bon nombre d'entreprises s'interrogent quant à l'utilisation d'une main-d'oeuvre de production venant des pays de l'UE. Avec la seule baisse d'activité nous planifions une perte de 40 000 emplois en France pour 2013, mais si les entreprises décident de recourir à ce type de main-d'oeuvre de manière amplifiée les chiffres des licenciements pourraient exploser. En conséquence, il lui demande les mesures que le Gouvernement entend prendre pour que cesse ce phénomène qui pénalise gravement nos entreprises en même temps qu'il porte atteinte aux conditions d'emploi des salariés.
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