Olivier FalorniMadame la ministre de la justice, comme la loi nous le permet, j'ai visité il y a quelques jours la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, dans ma circonscription.
J'y ai constaté le grand professionnalisme des agents pénitentiaires, à qui je veux rendre hommage car ils assurent eux aussi, au quotidien, la sécurité de nos concitoyens.
Mais j'ai entendu également les fortes préoccupations de ces personnels devant la montée de l'islamisme radical en milieu carcéral et j'ai découvert, dans la cour même de cette prison, un ensemble de préfabriqués baptisé « Casino » qui fait régulièrement office de mosquée clandestine salafiste, malgré la vigilance des surveillants. Cela n'est pas acceptable.
Ce travail des agents est trop souvent parasité, voire décrédibilisé, par des déclarations stupéfiantes, comme celles de la contrôleuse générale des prisons qui prône l'autorisation des portables dans les cellules ou par des décisions consternantes, comme celles de juges d'application des peines qui confondent permission et permissivité pour des détenus dangereux et radicalisés.
Madame la ministre, devant cette situation, il faut réagir avec fermeté. Cela suppose un régime d'isolement adapté pour les détenus islamistes recruteurs. Cela suppose un véritable service de renseignement pénitentiaire. Cela suppose des unités de prévention et de déradicalisation pour les détenus les plus fragiles psychologiquement.
Madame la ministre, nos prisons ne peuvent pas, ne doivent pas être des pépinières à djihadistes, car c'est la sécurité des Français, de tous les Français, qui est en jeu.