Manuel Valls, Premier ministre. Deuxièmement, vous avez prononcé au début de votre intervention une phrase assez étrange à propos du supposé suivisme du gouvernement français à l'égard de l'Allemagne. Mettons les choses au clair. Comme le rappelait Harlem Désir, l'Europe, qu'il s'agisse de l'euro ou du dossier des migrants, doit avancer grâce à l'engagement du couple franco-allemand.
Ce sont les mêmes dans vos rangs, y compris vous, monsieur Darmanin, qui nous donnent des leçons économiques sur ce que fait l'Allemagne, en nous expliquant qu'il faudrait suivre ce pays, et qui nous accusent maintenant, sur les questions migratoires – en se trompant, qui plus est –, de je ne sais quel suivisme à l'égard de Mme Merkel. Que je sache, monsieur Darmanin, Mme Merkel est comme vous membre du PPE. Mettez-vous d'accord avant d'accuser le Gouvernement !
Sur la question des migrants et la crise des réfugiés, la force de la France a été sa cohérence et sa constance depuis un an, grâce notamment au travail mené par le ministre de l'intérieur. Sur ce sujet, vous remarquez que, même si nous comprenons ce qui se passe en Allemagne, nous avons adopté d'autres choix, une autre politique et un autre message. Nous l'avons déjà dit très clairement, et je vous l'ai dit moi-même dans cet hémicycle : nous pensons que l'Europe – et donc la France – ne peut pas accueillir tous les réfugiés qui fuient la guerre en Syrie, pour des raisons évidentes.