Paul MolacMadame la garde des sceaux, un projet de loi de ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires a été déposé au Sénat. Mais la droite et le centre ont l'intention de torpiller le débat par l'adoption d'une motion tendant à opposer la question préalable, alors que l'Assemblée nationale avait adopté, à une très large majorité, une proposition de loi similaire en janvier 2014. Cela veut dire qu'il n'y aura pas de débat sur le sujet au Sénat, que toute discussion est confisquée par cette droite jacobine qui montre son vrai visage sur la question des langues et cultures régionales ! Il est inconcevable de ne pas vouloir faire vivre le débat sur un sujet qui tient énormément à cœur dans les territoires où ces langues sont pratiquées, mais également à tous les Français !
Depuis 1999, année de la signature de la Charte par le gouvernement de Lionel Jospin, trop d'obstacles nous ont été opposés, que cela soit par la droite, le Conseil d'État ou le Conseil constitutionnel. La Constitution sert à tous ceux-là de rempart pour imposer une vision unitariste du pays, non seulement au niveau politique mais également au niveau culturel et linguistique, véhiculée par des peurs infondées et par leur mépris pour les langues et cultures populaires, bien loin de la réalité des territoires.
La France ne doit pas rester en retard par rapport aux autres pays d'Europe. Elle se fait régulièrement montrer du doigt, et ce alors que tout nouvel État adhérent à l'Union européenne a l'obligation de ratifier la Charte.
Ratifier cette charte, c'est faire évoluer les mentalités et assurer la compatibilité de notre république et de son droit avec les grands principes du XXIe siècle , c'est aussi s'opposer aux blocages administratifs et libérer les énergies dans les régions, et c'est le premier pas vers une loi-cadre sur les langues régionales.
Madame la ministre, face à ce blocage, que comptez-vous faire…