Sébastien HuygheMa question s'adresse au Premier ministre mais je voudrais au préalable lui dire qu'en matière de sécurité, s'il peut toujours essayer de remettre en cause le quinquennat précédent, une chose est sûre, c'est que la délinquance a résolument diminué sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy alors qu'elle repart à la hausse depuis que François Hollande est Président de la République !
Mais ma question n'est pas là, monsieur le Premier ministre.
Demain, France Télévisions a choisi de faire de Marine Le Pen l'invitée vedette de son émission politique, Des paroles et des Actes. Plus de deux heures de direct devant trois millions de téléspectateurs en moyenne. Mais la fille de Jean-Marie Le Pen n'est pas seulement la présidente du Front national. Elle est aussi la tête de liste aux élections régionales dans la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
Or cette invitation intervient deux jours avant que ne coure le délai de six semaines qui impose à France Télévisions l'équité de traitement entre les candidats. Cette invitation est donc une rupture claire des engagements de service public de France Télévisions.
Devant ce scandale sans pareil, Delphine Ernotte, la présidente du groupe France Télévisions, a été saisie par Xavier Bertrand : pas de réponse. La ministre de la culture, tutelle de France Télévisions, a été saisie par Xavier Bertrand : pas de réponse. C'est la raison pour laquelle je m'adresse à vous, monsieur le Premier ministre, et non à Fleur Pellerin, restée muette sur ce dossier.
Devant la polémique, nous avons eu pour seule réponse une proposition indécente de la part de la rédaction de l'émission Des paroles et des Actes : un reportage en campagne, de trois à cinq minutes, partagé avec la tête de liste socialiste, sur une émission de plus de deux heures. C'est une honte.
Cette invitation ne choque pas uniquement dans les rangs de l'opposition. Le Premier secrétaire du Parti socialiste a lui-même reconnu que c'était parfaitement anormal. Je crois même qu'il s'est fendu d'une lettre.
Ma question est simple, monsieur le Premier ministre : France Télévisions a-t-elle décidé de faire la campagne de Marine Le Pen ? Si tel est le cas, allez-vous réintégrer la redevance payée par chaque Français dans les comptes de campagne de Mme Le Pen ?