Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur. Madame la députée, je voudrais tout d'abord, un an après la mort de Rémi Fraisse, m'associer à l'émotion dont vous venez de témoigner par votre question et dire ce que j'avais déjà eu l'occasion d'indiquer ici il y a un an : lorsqu'un jeune garçon de 21 ans meurt dans le cadre d'une opération de maintien de l'ordre où il y a de la violence, c'est un échec, dont il faut tirer toutes les conclusions.
La vérité, que vous appelez de vos vœux madame Attard, exige une grande rigueur intellectuelle. Je voudrais par conséquent vous apporter quelques éléments de réponse précis.
Vous me demandez quels enseignements ont été tirés de ce tragique événement. J'ai commandé immédiatement après la mort de Rémi Fraisse une enquête à l'Inspection générale de la Gendarmerie nationale et, au terme de cette enquête, j'ai décidé d'interdire définitivement l'utilisation des grenades offensives.
Pourquoi dire dans votre question qu'aucune conclusion n'a été tirée et que ces grenades ne sont pas encore interdites, alors que j'ai pris la décision de les proscrire il y a un an ?
Lorsque l'on cherche la vérité, on s'exprime dans la question que l'on pose avec la plus grande rigueur.
Deuxièmement, vous faites comme si l'enquête judiciaire était déjà conclue. Mais il y a des magistrats indépendants qui enquêtent, il y a des magistrats indépendants qui auditionnent et j'ai indiqué, dès les premières heures après la mort de Rémi Fraisse, que l'ensemble de mes services se tenaient à la disposition de la justice pour que toute la vérité soit faite et je le confirme solennellement devant l'Assemblée nationale.
Enfin, je pense comme vous que la vérité est nécessaire. Mais la vérité, c'est une exigence éthique, c'est une dignité. C'est une obligation faite à soi-même, à chaque instant, que d'aller chercher la vérité et de ne jamais l'instrumentaliser à des fins politiques.