Philippe FolliotMa question s'adresse à M. le Premier ministre. Alors que nos éleveurs tentent péniblement de sortir d'une crise sans précédent, le rapport récemment publié par l'OMS réduit à néant tous leurs efforts. Une nouvelle fois, ils sont pointés du doigt, stigmatisés et victimes d'une nouvelle polémique malheureusement très lourde de conséquences. La viande serait donc cancérigène, si l'on en croit les « une » des journaux des deux derniers jours, selon une communication tronquée et sans demi-mesure qui non seulement met à mal l'ensemble d'une profession mais crée un climat de suspicion, voire de panique, tout à fait malsain.
En fin de compte, ce rapport ne fait qu'établir une vérité connue de tous. En effet, tous les excès sont nuisibles pour notre santé et je ne doute pas qu'un prochain rapport de l'OMS mettra en garde contre la consommation excessive de courgettes, de quinoa ou de pousses de soja !
Le plus triste dans cette affaire est certainement l'amalgame créé par cette étude. Un élevage raisonné comme celui que nous pratiquons en France et plus particulièrement dans les exploitations familiales de la montagne tarnaise serait-il comparable à un élevage très intensif comme celui pratiqué aux États-Unis ? Un légume bourré de pesticides serait-il moins dangereux qu'une viande de qualité ? Une bonne tranche de jambon IGP de Lacaune serait-elle aussi nocive qu'une viande traitée aux hormones ? Il ne faut pas exagérer !
Au fond, cette controverse est révélatrice d'un problème dont souffrent notre agriculture et notre filière agroalimentaire : l'insuffisante valorisation de nos savoir-faire. Sur ce point, le Gouvernement doit faire preuve d'audace en menant une politique stricte en matière de traçabilité et d'étiquetage et en en faisant la promotion au niveau européen. À l'heure de l'inquiétant traité transatlantique, quel message comptez-vous délivrer aux Français mais aussi à nos éleveurs qui s'enlisent dans une détresse économique et morale insoutenable ?