Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur Lett, passés les débats éruptifs et, pour le moins, confus du printemps dernier, j'aurais pu imaginer que vous prendriez les cinq derniers mois pour vous pencher sur ce que dit réellement la réforme du collège et éviter ce genre de questions. Vous ne l'avez pas fait et je veux donc bien, avec toute la pédagogie qui me caractérise, vous redire à nouveau que, s'il est bien un reproche qu'on ne peut pas adresser à cette réforme du collège, c'est de diminuer l'apprentissage des langues vivantes.
Elle prévoit en effet, par définition, d'augmenter cet apprentissage : les élèves apprendront leur langue vivante 2 en classe de cinquième, et non plus en classe de quatrième, ce qui se traduit, sur une scolarité au collège, par 54 heures de plus d'enseignement des langues vivantes 2, et donc de l'allemand en particulier.
Pour ce qui est de la langue vivante 1, qui s'apprend à l'école primaire, je vous rappelle que nous avons décidé qu'à la rentrée prochaine, au lieu d'attendre le CE1, elle s'apprendrait dès le CP. Donc, pour résumer, les élèves gagnent un an d'apprentissage de la LV1 et un an d'apprentissage de LV2 : expliquez-moi comment ils seraient moins bien lotis qu'aujourd'hui !
Je souhaite que davantage d'élèves français choisissent l'allemand pour langue vivante. C'est la raison pour laquelle je nous ai fixé des objectifs : augmenter de 10 % le nombre d'apprenants à l'école primaire en LV1 comme au collège en LV2.
Pour ce faire, nous embauchons davantage de professeurs d'allemand et allons chercher des étudiants allemands en Allemagne – nous l'avons vu avec l'ambassadeur d'Allemagne en France – pour qu'ils exercent en tant qu'assistants de langue dans les écoles primaires françaises,…