Manuel Valls, Premier ministre. Oui, nous réformons, et nous le faisons avec méthode, en respectant l'ensemble des acteurs et des corps intermédiaires, car réformer, contrairement à ce que vous pensez, ce n'est pas brutaliser. La réforme, ce ne peut pas être la rupture. Réformer n'est pas à confondre avec vitesse et précipitation ; c'est savoir écouter, et corriger si nécessaire. Nous dialoguons avec la société, avec les partenaires sociaux, avec le Parlement. Réformer, monsieur Larrivé, ce n'est pas brandir sans cesse les mêmes idées et les mêmes totems, avec l'entêtement dont vous et les vôtres avez fait preuve pendant dix ans et dans lequel vous persistez aujourd'hui à travers vos propositions.
Disons clairement les choses : l'amateurisme, c'est d'avoir supprimé la demi-part des veuves sans en avoir mesuré les effets ou, pire, en le dissimulant. L'amateurisme, c'est d'avoir dégradé la dette publique de 600 milliards d'euros en cinq ans et de prétendre aujourd'hui détenir les solutions pour l'avenir. L'amateurisme, c'est d'avoir distribué des cadeaux fiscaux aux plus aisés quand l'urgence était de soutenir les plus modestes, les petites entreprises et notre tissu industriel. En matière de finances locales, monsieur Larrivé, l'amateurisme, c'est la réforme improvisée, non concertée, idéologique, je l'ai rappelé hier, de la taxe professionnelle.
Ce n'est pas notre conception de la réforme, de l'intérêt général, car notre responsabilité, celle du Gouvernement et de la majorité, c'est de prendre de bonnes décisions pour préparer l'avenir du pays, et parfois pour réparer les choix politiques du passé.