Jacques KrabalMonsieur le Premier ministre, lors du Congrès réuni à Versailles, le Président de la République annonçait que la France était en guerre après les attentats. Ceux-ci ont fait 130 morts et 300 blessés, dont 45 personnes encore en réanimation, et nous devons penser aussi aux victimes du terrorisme au Mali.
Des dispositions importantes ont été prises par le Président de la République et par votre gouvernement pour protéger notre pays et ses habitants : l'état d'urgence pour combattre les terroristes chez nous, la résolution de l'ONU et les bombardements visant Daech en Irak et en Syrie. Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous soutenons ces décisions, mais elles sont nécessaires : il y va de la sécurité des Français.
Au-delà de ce pacte de sécurité, n'oublions pas, pour les victimes et leurs familles, le pacte de solidarité et d'humanité. L'hommage officiel de la nation, ce vendredi aux Invalides, s'impose. Les premières obsèques s'organisent. Enterrer un parent, un ami, dire adieu à un être cher, mort pour avoir croisé la route des barbares, c'est l'horreur que vivent des centaines de familles.
Vous avez mis en place une commission interministérielle pour traiter en urgence la prise en charge des frais d'hospitalisation et d'obsèques et les premières indemnisations avec le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme.
Et demain ? Pour les orphelins, les couples brisés, les familles déchirées, pour les blessés et pour les miraculés, la vie restera à jamais difficile. Ce ne sont pas moins de 400 dossiers qui vont être déposés. Quels moyens pour les traiter ? Quels délais pour les instruire ? Monsieur le Premier ministre, quelles dispositions comptez-vous mobiliser ? Quel statut pour les victimes d'actes de guerre ?
Comme l'écrivait Alexandre Dumas dans Le Comte de Monte-Cristo, ayons dans le cœur ces trois sentiments : tristesse, amour et reconnaissance. Oui, les victimes sont des martyrs de la République. Agissons pour la paix et pour la vie et montrons que la France ne les oubliera jamais.