Bernard Cazeneuve, ministre. Vous me parlez de la commune de Pexonne qui, dites-vous, se verrait imposer par l'État l'arrivée de migrants qu'elle ne souhaiterait pas accueillir. C'est totalement faux. Je dis solennellement devant la représentation nationale qu'au terme de discussions qui ont eu lieu avec la collectivité locale et le préfet, l'État a renoncé à cette implantation, parce que les conditions n'étaient pas réunies.
Partout où nous procédons à l'accueil de migrants, nous le faisons en dialogue avec les collectivités locales. Par conséquent, je ne comprends pas que, sur des sujets aussi graves, qui appellent le rassemblement le plus grand, vous formuliez des contre-vérités de cette nature en laissant à penser à ceux qui nous écoutent que nous mettrions en œuvre une politique que nous ne mettrons jamais en œuvre, parce qu'elle ne correspond pas aux instructions que j'ai données aux préfets.
Troisièmement, pour être tout à fait clair et précis sur ce que nous faisons, je vous informe que la demande d'asile en France a diminué de 2,34 % l'an dernier. Nous assistons à une augmentation de la demande d'asile en France en 2015, mais elle reste très mesurée, alors que la pression migratoire est extrêmement forte dans l'ensemble des pays de l'Union européenne. Nous avons enregistré 65 000 demandes d'asile depuis le début de l'année et leur nombre devrait atteindre 80 000 à la fin de l'année. Faire peur avec des chiffres qui ne correspondent pas à la réalité n'est pas sérieux, monsieur Lamblin…