Valérie BoyerMonsieur le Premier ministre, j'associe à ma question mes collègues du groupe Les Républicains membres de la commission des affaires sociales.
En suspendant immédiatement leur grève le vendredi 13 novembre et en se mettant à la disposition de nos compatriotes, nos professionnels de santé ont accompli leur devoir avec patriotisme et responsabilité.
Je souhaite, plus que jamais, les féliciter car ils sont restés mobilisés – et ils le sont toujours – pour sauver la vie, quand bien même il n'en restait qu'un souffle.
Pourtant cet après-midi, nous allons examiner un texte qui fait l'unanimité des professionnels de santé contre lui, le projet de loi relatif à la santé, qui aurait pourtant mérité de faire l'objet d'un moratoire.
Alors que le monde de la santé est en colère et dénonce des réformes conduites sans concertation, vous répondez que « leurs craintes ne sont pas fondées ». Un an après la première lecture de votre projet de loi, rien n'a changé. On impose le tiers payant généralisé aux médecins ; on prive les cliniques privées du dispositif des missions d'intérêt général ; on malmène l'industrie pharmaceutique et les pharmaciens ; on veut supprimer l'ordre des infirmiers et je ne m'étendrai pas sur les veillées funéraires, les réseaux fermés et les laboratoires qui s'externalisent. Où est le patient qui devait être au cœur du dispositif ? Vous allez même jusqu'à proposer des salles de shoot, pendant que certains députés socialistes portent l'étendard de la légalisation du cannabis.
Vous comprendrez pourquoi le mécontentement est général ! Mon groupe sera là pour défendre les professionnels de santé et nous verrons, lors du vote solennel prévu la semaine prochaine, qui sera à leurs côtés.
Alors que la France est encore en deuil, le Gouvernement persiste dans la division en maintenant la discussion de ce projet de loi.
Monsieur le Premier ministre, l'unité nationale ne se décrète pas, elle se construit. Si cette loi est si importante pour votre Gouvernement, dans le contexte douloureux que nous connaissons, ne devrait-elle pas rassembler plutôt que fragiliser et diviser ?