Éric Woerth…il est aujourd'hui au pied du mur. Il a donc formulé hier des propositions dans la panique et l'urgence. Il veut une union nationale contre le chômage, mais comment voulez-vous réaliser une union fondée sur le mensonge ?
La création de 500 000 formations pour les demandeurs d'emploi est inatteignable. Ce dispositif, qui double le nombre de formations, est irréalisable, et vous le savez ! Il ne fera qu'accroître le désespoir des Français, car faute d'emplois à la clé, ces demandeurs reviendront malheureusement à Pôle emploi aussi vite qu'ils en sont partis.
Après trois plans dédiés à l'apprentissage depuis 2014, nous voyons les dégâts : une chute spectaculaire de 32 000 apprentis. En réduisant les crédits dédiés, vous avez tout fait pour que l'apprentissage échoue ; vous avez choisi sciemment de privilégier les contrats aidés au détriment de l'apprentissage.
Et que de temps perdu concernant les baisses de charges pour les entreprises ! Pourquoi avoir créé le CICE, au lieu de baisser immédiatement les charges des entreprises ? Les primes à l'emploi que vous avez annoncées n'intéressent pas les entreprises. Celles-ci ne demandent pas l'aumône ! Elles attendent de vraies réformes, mais les coûteuses réformes que vous proposez ne seront qu'un feu de paille.
Ce plan d'urgence – ou plutôt : ce plan fait dans l'urgence – coûtera 2 milliards d'euros, alors que les comptes publics se portent toujours aussi mal. Vous avez abandonné vos objectifs de finances publiques pour de pures raisons électoralistes !
Avec 5,5 millions de chômeurs, la France décroche un peu plus chaque jour. Nous créons neuf fois moins d'emplois marchands que l'Allemagne, moins que l'Espagne et moins que l'Italie. Dans le même temps, le Gouvernement a créé 233 000 emplois dans le secteur public. Cherchez l'erreur !
Malgré le défilé des plans et des pactes en tout genre, les entreprises sont encore sous le coup du choc fiscal. Quand accomplirez-vous de véritables réformes, des réformes ambitieuses, notamment sur le code du travail ?
Ce plan représente encore une occasion ratée pour la France. Dans un accès de lucidité, votre ministre de l'économie déclarait : « On n'a pas tout fait pour l'emploi »…