Laurent FurstMonsieur le Premier ministre, ma question est simple : le Gouvernement a-t-il conscience de la dégradation du réseau routier français ?
Le réseau routier constitue un patrimoine considérable qui permet d'assurer 88 % des déplacements des Français. Mais aujourd'hui, ce réseau vieillit et s'abîme, au point de devenir par endroits dangereux.
Il y a d'abord le réseau national. Certes, les 9 000 kilomètres d'autoroutes concédées sont entretenues, mais vous ne consacrez que 243 millions d'euros à la régénération des chaussées et des ouvrages d'art des 12 000 kilomètres de routes nationales.
Les départements de France, qui entretiennent 380 000 kilomètres de route, sont à l'agonie financière. N'ayant pas réussi à les faire disparaître, vous leur imposez un garrot budgétaire qui rend bien des conseils départementaux incapables d'entretenir leurs routes.
Il y a enfin les 660 000 kilomètres du réseau communal. Tous les maires de France tentent d'entretenir leurs routes, mais la baisse de 30 % des dotations de l'État aux collectivités se traduit par un effondrement du volume des travaux, que bien des arbitrages remettent au lendemain.
Un réseau routier mal entretenu est un réseau qui se dégrade. Lorsque les travaux d'entretien sont reportés, les coûts progressent de manière exponentielle.
La situation des routes françaises va rapidement devenir critique et cela est le fruit de vos choix. Avez-vous seulement mesuré les conséquences de votre politique pour la sécurité routière, l'image de la France et l'emploi dans le secteur des travaux publics ? L'effondrement de l'investissement des collectivités locales va rapidement avoir des conséquences sérieuses.
Ce quinquennat laissera une bombe à retardement, celle de l'altération prononcée de l'état de nos routes, patrimoine collectif essentiel pour la vie de tous les Français comme pour le fonctionnement de notre économie.