Marisol Touraine,
Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes •
28 juil. 2015L'organisation du suivi épidémiologique régulier de la santé des personnes détenues est en cours de formalisation. Dans le cadre de la politique de santé pour les personnes placées sous main de justice, l'Institut de veille sanitaire (InVS) a réalisé divers travaux à ce sujet (état des connaissances sur l'état de santé, bilan des modalités de surveillance à l'étranger et étude de faisabilité d'utilisation des dossiers médicaux) et travaille à des propositions pour mettre en place un système de surveillance. Il s'agit en particulier du renouvellement des enquêtes sur les personnes entrant en détention et de la réalisation d'enquêtes de prévalence. En complément de ces deux enquêtes générales envisagées sur la santé des personnes détenues, l'InVS estime important de prévoir la réalisation d'une enquête spécifique sur la prévalence des « pathologies psychiatriques ». La précédente enquête épidémiologique (enquête de prévalence sur les troubles psychiatriques en milieu carcéral) date de 2004. Elle montrait un état de santé fragile chez les personnes détenues (17,9 % atteintes d'état dépressif majeur, 12 % souffrant d'anxiété généralisée et 3,8 % souffrant de schizophrénie). La logistique de cette étude est cependant complexe et coûteuse, de sorte que la définition d'une méthodologie alternative pour suivre ces pathologies mérite d'être considérée. Par ailleurs, l'InVS travaille actuellement à une analyse descriptive des suicides en détention à partir des certificats de décès.