Marc-Philippe DaubresseMa question, à laquelle s'associe M. Bernard Gérard, député du Nord, s'adresse à M. le Premier ministre – puisqu'il a décidé de reprendre en main la stratégie du logement dans notre pays.
Monsieur le Premier ministre, la situation du bâtiment et des travaux publics en France est catastrophique. L'adage populaire affirme que « quand le bâtiment va, tout va » ; en l'occurrence, le bâtiment ne va plus du tout, et la France non plus !
Cette situation calamiteuse a une double cause. La première, tout le monde ici la connaît : la réduction des dotations aux collectivités locales conduit à freiner l'investissement public, alors que les collectivités territoriales réalisent les deux tiers de celui-ci dans ce pays. La seconde est la politique ubuesque et idéologique qui a été menée par Mme Duflot avec la fameuse loi « ALUR », qui a détruit la confiance des investisseurs, des promoteurs et des bailleurs sociaux, et n'a rien résolu sur le plan des trois outils essentiels à la politique du logement : le foncier, le financement et la fiscalité.
Nous nous trouvons donc dans la situation où vous allez terminer l'année avec le plus mauvais chiffre depuis dix ans : 300 000 constructions neuves – et les deux prochaines années s'annoncent encore pires, puisque l'on s'attend à un nombre de permis de construire en chute libre.
Ma question est liée à ce contexte calamiteux. Par le passé, sous la présidence de Jacques Chirac, le plan de cohésion sociale de Jean-Louis Borloo avait permis d'augmenter de 50 % la construction neuve, de quadrupler l'accession sociale à la propriété et de tripler le financement du logement social. Sous Nicolas Sarkozy, le plan de relance mené par l'excellent Patrick Devedjian avait permis de faire face à l'hémorragie en 2008. Allez-vous arrêter vos mesurettes, prendre la mesure de la situation et adopter un vrai plan de relance financé par des économies sur le fonctionnement, qui permette d'éviter ces destructions massives d'emplois ?