Manuel Valls, Premier ministre . La politique menée par ce gouvernement n'a rien à voir avec la caricature que vous venez d'en faire, comme le prouve l'examen du projet de loi d'avenir pour l'agriculture, présenté par le ministre de l'agriculture, qui visite aujourd'hui, aux côtés du Président de la République, le salon de l'industrie agroalimentaire en France. Ce débat a en effet permis de dégager de nombreuses convergences sur tous ces bancs, loin de propos aussi caricaturaux.
Il nous faut être aux côtés de notre agriculture, de nos agriculteurs, de nos éleveurs, de nos paysans qui souffrent. Nous devons les aider à traverser la crise économique, sociale, voire morale qu'ils traversent selon leurs propres propos par des politiques d'aides publiques, la réorientation de la politique agricole commune - nous avons obtenu des succès dans ce domaine, vous le savez parfaitement - par une politique d'aménagement du territoire. Tel est le sens des Assises nationales de la ruralité : assurer un équilibre au profit de territoire qui connaît depuis longtemps un sentiment d'abandon et d'absence de protection.
Plutôt que de nous livrer à de telles caricatures, essayons ensemble de répondre à cette détresse, tout en valorisant les excellentes performances de nos filières agroalimentaires, qui tirent l'économie par le haut et sont au cœur de nos exportations.
Vous avez, monsieur le député, évoqué des propos insupportables publiés cet après-midi même. Emmanuel Macron a eu l'occasion de rappeler le sentiment qui était celui du Gouvernement et du Président de la République, et qui est partagé par beaucoup d'entre vous, à propos de la mort tragique de Christophe de Margerie.
Pour beaucoup d'entre nous il était d'abord un ami, et cela compte. Il était surtout un grand chef d'entreprise, qui avait sur tiré Total vers le haut et préparé la société à la modernité, notamment à la transition énergétique.
Il était le visage de cette entreprise, qui est aussi une des grandes marques françaises.
Face au décès d'un homme dans des conditions aussi tragiques – nous avons une pensée pour son épouse, pour ses enfants, pour sa mère, pour ses proches, et pour tous les salariés de Total, qui sont particulièrement affectés –, quels qu'aient pu être son parcours et les désaccords qui ont pu exister avec lui, il n'y a qu'une attitude possible : la dignité. Tous ceux qui tiennent des propos qui ne sont pas de ceux qu'on peut prononcer à l'encontre d'un homme qui vient de disparaître, ne méritent pas d'appartenir à la grande formation républicaine qui est la mienne.