Jacques MyardMonsieur le ministre Macron, votre politique économique de réforme pour la relance consiste-t-elle, d'abord, à trouver des boucs émissaires ?
J'en veux pour preuve votre charge contre les pharmaciens et les notaires. Les premiers concourent directement à la sécurité médicale de Français : avec les génériques, ils font gagner – madame Touraine le sait – 2 milliards d'euros à la sécurité sociale.
Contrairement aux grandes surfaces qui s'installent en périphérie, ce sont des commerces de proximité situés en centre-ville. Les officines couvrent tout le territoire.
Les notaires assurent la sécurité juridique des Français qu'ils conseillent, eux, gratuitement. Ils assurent un service public sur tout le territoire et collectent gratuitement 22 milliards d'euros pour l'État. Une paille !
Ce n'est pas leur monopole qui coûte cher, ce sont les taxes de l'État. Partout en Europe où ce système a été prétendument libéralisé, les honoraires se sont envolés, comme aux Pays-Bas où ils ont connu une hausse de plus de 30 %.
La Chine et le Vietnam s'apprêtent à adopter notre système de notariat. Les litiges naissant à la suite d'actes notariés représentent, en France, quatre pour mille, contre 30 % en Angleterre.
Alors, monsieur le ministre, n'écoutez pas vos amis banquiers à la cervelle lavée à la mode des méthodes anglo-saxonnes !
Vous voulez faire des réformes. Je vais vous en susurrer quelques unes à l'oreille. Réformez la durée du temps de travail ! Réformez la fiscalité spoliatrice qui fait fuir les Français à l'étranger pour y créer des emplois ! Dites à vos amis et camarades gauchistes qu'ils relisent Marx, qui est lui un apologiste du grand capital !
Alors, monsieur le ministre, quand allez-vous cesser de casser ce qui marche ?