Bernard Cazeneuve, ministre de l'intérieur. Monsieur le député, nous vivons dans une société de violence.
La violence frappe lorsqu'un jeune homme meurt à l'occasion d'une manifestation, comme cela s'est passé dans la nuit de samedi à dimanche dernier à Sivens.
La violence frappe lorsque, sur l'espace numérique, sans aucune régulation, on voit se déployer l'antisémitisme, la xénophobie, l'homophobie, toutes formes d'exclusion qui blessent des hommes et des femmes au plus profond d'eux-mêmes.
La violence se déploie, comme en attestent ces images de journalistes que l'on décapite ainsi que tous les actes terroristes perpétrés à travers le monde, qui suscitent une immense émotion en même temps qu'un immense effroi.
La violence se déploie aussi lorsque l'on jette des cocktails molotov, des bombes d'acide, sur des forces de l'ordre qui, quotidiennement, s'exposent pour que la sécurité des Français soit assurée.
Lorsque l'on est dans une société de violence et que l'on exerce une responsabilité publique, quelle qu'elle soit, on doit avoir une boussole, et une seule : le sens de l'État et le sens des responsabilités. Le sens de l'État cela veut dire que, lorsque la violence est partout et qu'elle prétend imposer sa force en soumettant souvent les plus modestes à la loi du plus fort, le droit doit passer et s'ériger comme une protection. Quand on est dans la République, il ne peut être accepté que l'on impose la force en contravention avec le droit, parce que les valeurs de la République placent le droit au cœur des choses.
À tous ceux qui souhaitent l'apaisement, je veux dire ici qu'il y a dans les valeurs de la République, dans le respect du droit et dans le respect que nous nous devons les uns aux autres, la meilleure des réponses.