Manuel Valls, Premier ministre. La question s'adressant très clairement à moi, je vais y répondre bien volontiers. Je l'ai déjà dit, l'unité nationale ne doit pas empêcher le débat et il est normal que vous me posiez toutes les questions nécessaires pour que nous cherchions des solutions, avec modestie toutefois car nous sommes face à des défis considérables. C'est tout simplement ce que j'ai voulu dire.
Je le dis modestement, avec mon expérience, non pas de Premier ministre ou de ministre de l'intérieur, mais d'élu de la banlieue parisienne, de maire d'Évry pendant onze ans : les mots que j'ai utilisés hier, en parlant de processus de ségrégation, de ghettoïsation, d'apartheid territorial, social, ethnique, pour un certain nombre de quartiers, je les ai toujours employés car, comme d'autres, ici, sur tous les bancs, j'ai vécu directement les situations qu'ils désignent. Je les utilise justement parce que je suis profondément républicain, comme vous tous, et parce que la réponse réside dans l'État, l'ordre républicain, la République. Tout comme vous, monsieur Wauquiez, je ne peux accepter que dans un certain nombre de quartiers de ce pays que j'aime comme vous, l'on entasse les mêmes populations avec les mêmes origines et aujourd'hui la même religion. Ce n'est pas cela, la France.
Moi, je veux une réponse et je veux que cette réponse soit apportée par l'État, l'ordre républicain, que je défends comme beaucoup ici depuis des années. Cette réponse est aussi celle des moyens car ils sont nécessaires. Nous avons commencé à en donner les premiers éléments la semaine dernière mais plus particulièrement ce matin, après les mesures que nous avons présentées en conseil des ministres, car on lutte contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical en donnant encore plus de moyens à la police, à la gendarmerie et aux renseignements. Nous le faisons depuis deux ans et nous allons continuer parce que cette priorité nous unit tous.