Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le président, mesdames et messieurs les députés, monsieur le député Patrick Bloche, face aux meurtriers attentats de Paris, il était indispensable de renforcer notre sécurité, notre protection et l'efficacité de notre justice – tout cela a été dit.
Mais nous savons tous qu'à terme, la meilleure arme que nous puissions avoir contre les ennemis des libertés, c'est l'éducation, parce que c'est dans le vide de la pensée que s'installe le mal et parce que c'est dans nos écoles gratuites, laïques et obligatoires qu'une génération entière se côtoie et apprend à se connaître et à dépasser ses peurs et ses différences.
C'est bien pour cela que nous nous posons aujourd'hui la question de savoir à quel point l'école remplit ces missions. Au quotidien, des centaines de milliers d'enseignants s'y dévouent, mais les incidents qui ont suivi les attentats ont révélé la grande vulnérabilité de l'institution scolaire face à des défis majeurs et nouveaux : le relativisme des enfants, la perte de repères, le repli communautaire et le sentiment d'exclusion.
C'est face à chacun de ces défis que nous avons voulu commencer à apporter des premières réponses, la semaine dernière. Elles ne sont pas exhaustives et, je le redis, des assises sont lancées sur tout le territoire pendant trois mois pour que chacun puisse contribuer à répondre à la question de savoir comment mieux éduquer nos enfants.
Mais nous savons bien qu'il faut, sans plus attendre, mieux épauler nos enseignants et c'est précisément pourquoi 1 000 formateurs seront déployés sur tout le territoire pour assurer une formation continue sur la laïcité, la citoyenneté et l'éducation aux médias, qui sont autant de sujets essentiels.
Nous savons, nous, qu'il faut mieux soutenir l'autorité des enseignants et c'est là l'objet des instructions qui ont été transmises aux chefs d'établissement afin que plus aucun incident ne soit banalisé ou sous-estimé.
Nous savons, nous, qu'il faut mieux faire adhérer les élèves à notre conception des valeurs républicaines et c'est la raison pour laquelle nous voulons renforcer l'apprentissage du français comme un fondamental, ainsi que l'apprentissage de l'esprit critique dont ils ont tant besoin dans ce monde.
Nous savons enfin qu'il faut mieux permettre aux partenaires de l'éducation d'aider l'école et c'est la raison pour laquelle nous l'ouvrons aux parents et créons une réserve citoyenne. Voilà. Continuons ensemble.