Michel TerrotMonsieur le Premier ministre, la politique du logement, en France, est coûteuse et inefficace. Ce n'est malheureusement pas une parole en l'air, mais la conclusion du rapport accablant de l'Inspection générale des finances, de l'Inspection générale des affaires sociales et du Conseil général de l'environnement et du développement durable, présenté en fin de semaine dernière.
Les chiffres sont vertigineux : 46 milliards d'euros ont été dépensés l'an dernier, et 48 milliards le seront d'ici deux ans ; ces sommes sont consacrées pour 49 % au soutien de la demande et pour seulement 17 % au soutien de l'offre de logement. Ce ratio est le symbole de l'incohérence de votre politique. Beaucoup d'argent est dépensé, pour des résultats très discutables : alors que le candidat François s'était engagé à bâtir 500 000 logements par an, le bilan du président Hollande n'atteint que 266 000 logements véritablement neufs construits l'an dernier, soit un recul de 10,3 % par rapport à 2013.
Or la construction de logements neufs est une nécessité pour réduire la pénurie de logements et le mal-logement, régulièrement dénoncés par la fondation Abbé Pierre. Comme pour le chômage, les annonces et les promesses ne sont plus supportables pour les Français. Il y a donc urgence.
Le rapport public formule des propositions pour un total de 4 milliards d'euros et préconise notamment de réformer en profondeur les aides personnalisées au logement et les politiques de soutien à l'accession à la propriété. Trop souvent, depuis deux ans et demi, la politique du logement s'est avérée contradictoire dans ses objectifs, comme dans les mesures votées. Les professionnels et les Français ont besoin de clarté et d'efficacité.
Monsieur le Premier ministre, quelles mesures comptez-vous prendre pour rationaliser la politique du logement ?