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🧭Gouvernement Valls 2
















le président

La parole est à M. René Rouquet.
René Rouquet

Monsieur le ministre des affaires étrangères, malgré la conclusion du protocole de Minsk en septembre dernier, les combats entre l'armée régulière ukrainienne et les séparatistes pro-russes ont repris depuis trois semaines. Les villes de Marioupol, Louhansk, Donetsk et Debaltseve ont été attaquées par des combattants qui affirment qu'il n'y aura plus de trêve avec Kiev, et que la ligne de front ne sera figée qu'une fois que l'ensemble de cette région sera aux mains des Russes.

L'action concertée du Président de la République, François Hollande, et de la chancelière Angela Merkel, à la fin de la semaine dernière, à Kiev puis à Moscou, afin de trouver une solution à ce qu'il convient désormais d'appeler une guerre, montre que c'est par la voie de la diplomatie et de la négociation que nous éviterons une escalade irrémédiable dans ce conflit, et non par des livraisons d'armes, même celles que l'on dit défensives ou non létales. La rencontre prévue demain à Minsk entre les présidents Porochenko, Poutine, Hollande, et la chancelière Merkel, doit permettre de conclure un cessez-le-feu et d'aboutir à une paix sur le terrain.

Monsieur le président, mes chers collègues, combien de morts, de réfugiés, de drames faudra-t-il encore pour que les parties au conflit comprennent qu'il ne s'agit pas que de géopolitique, de stratégie et de pouvoir, mais d'hommes, de femmes et d'enfants impliqués dans un conflit meurtrier, et poussés sur les routes parce qu'ils sont du mauvais côté d'une frontière invisible ?

Monsieur le ministre, nous savons à quel point vous êtes engagé, impliqué dans ce dossier. Alors que des milliers de soldats russes ont franchi la frontière ce week-end, que peut-on attendre du sommet de Minsk, afin que cesse cette guerre de conquête territoriale en Ukraine, et comment peut-on éviter que le sud-est de ce pays ne subisse un phénomène rampant de balkanisation ?
le président

La parole est à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international.
Laurent Fabius,
ministre des affaires étrangères et du développement international.
Monsieur le député, devant les risques de guerre à trois heures d'avion de Paris,…
Thierry Mariani

Ce ne sont plus des risques : c'est déjà la guerre !
Laurent Fabius,
ministre.
…nous voulons donner toutes leurs chances à la diplomatie et à la paix. Vous l'avez rappelé, depuis quelques semaines, la situation sur le terrain s'est dégradée de façon très grave. Pour tenter de sortir de cette spirale, le Président de la République française et la chancelière Merkel ont pris une initiative diplomatique courageuse et absolument indispensable. Ils se sont rendus à Kiev, d'abord, puis, vendredi dernier, à Moscou. La conversation s'est prolongée dimanche ; aujourd'hui même, en ce moment, nos collaborateurs discutent. Ils arriveront dans quelques heures à Minsk. L'objectif est de réunir demain un sommet dans ce que l'on appelle le « format Normandie ». J'y travaille ; nous y travaillons tous.

Il faut rester prudent à ce stade, car rien n'est encore acquis, mais nous faisons le maximum pour que le sommet de demain ait lieu, et qu'il donne des résultats. Les principes que nous défendons sont les suivants : cessez-le-feu immédiat, retrait rapide des armes lourdes, contrôle effectif de la frontière, respect de la souveraineté de l'Ukraine, recherche d'un statut particulier pour les populations du Donbass, en restant le plus proche possible des accords de Minsk. Nous voulons que le droit et la raison l'emportent.

Avec l'Allemagne, nous allons continuer nos efforts, parce que c'est la sécurité de l'Europe qui est en cause. Ce que nous voulons, ce n'est pas simplement la paix sur le papier ; c'est la paix sur le terrain, en Ukraine.
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