Manuel Valls, Premier ministre. Les chiffres parlent d'eux-mêmes, monsieur le député. La pauvreté a augmenté depuis 2008, pour toucher 14 % de la population en 2012, et ce taux a continué à progresser.
Au-delà de ces chiffres, qui sont forcément abstraits, il y a des situations individuelles, des vies touchées par la précarité. La pauvreté a progressé chez les chômeurs, mais aussi chez les personnes qui ont un emploi. Un enfant sur cinq grandit dans une famille pauvre, et vous savez ce que cela signifie en termes de conditions de vie.
C'est la raison pour laquelle l'une des premières décisions que j'ai prises en tant que Premier ministre a été de maintenir et de consolider le plan pauvreté qui avait été préparé par Jean-Marc Ayrault. Je vais annoncer dans quelques heures devant les partenaires sociaux et les élus la feuille de route de ce plan pour les années 2015 à 2017.
Comme vous l'avez souligné, la revalorisation du RSA socle et des prestations pour les familles modestes, nombreuses et monoparentales se poursuivra chaque année, mais le plan pauvreté, ce sont aussi et surtout des actions concrètes d'accompagnement, qui seront renforcées.
Il y a d'abord, bien sûr, l'accompagnement vers l'emploi, et je pense notamment aux 100 000 jeunes bénéficiaires de la Garantie jeunes à horizon 2017.
Il y a l'accompagnement vers l'accès au logement, afin de sortir du mal logement et de l'hébergement d'urgence, et, même s'il n'avait pas siégé parmi vous à l'Assemblée, permettez-moi de rendre hommage à Claude Dilain, l'ancien maire de Clichy-sous-Bois , qui avait beaucoup travaillé sur ces questions.
Nous poursuivrons aussi notre action en matière de santé, d'éducation, de culture et là, il s'agit d'une action concrète.
Enfin, et je sais que vous avez de fortes attentes sur le sujet, le Gouvernement, comme il s'y était engagé, va mettre en place la prime d'activité en remplacement de la prime pour l'emploi et du RSA activité, avec une seule idée, encourager le retour à l'emploi. De nombreux jeunes seront concernés par ce dispositif.
Monsieur le député, l'augmentation de la pauvreté demande des réponses urgentes, concrètes, globales. Elles nécessitent aussi au fond qu'il y ait un principe, celui de la solidarité. C'est ce mot que je vous propose d'opposer en permanence à ceux qui considèrent qu'il n'y a que des politiques d'assistanat : c'est la solidarité qui est au cœur du pacte républicain ; c'est la solidarité qui est au cœur de notre politique.