Manuel Valls, Premier ministre. Madame Maréchal-Le Pen, s'il fallait résumer en deux minutes l'outrance, la démagogie et le vrai visage de l'extrême-droite, vous venez de le faire parfaitement. L'insulte, la calomnie, c'est ce qui fonde votre parti !
Oui, je mène campagne. Je suis chef du Gouvernement et je mène campagne dans le cadre de ces élections départementales, dans le strict respect, comme il se doit, des lois de mon pays. Je mène campagne parce que cette élection est un rendez-vous important pour les Français.
D'abord, pour les conseils départementaux, car, comme cela a été rappelé, leurs compétences , au-delà de nos débats, sont importantes pour la vie des Français.
Je mène campagne, car une réforme importante a été mise en œuvre, avec un nouveau mode de scrutin, un nouveau découpage, de nouvelles circonscriptions. Une révolution tout à fait particulière va se produire, que je veux souligner une nouvelle fois car il s'agit bien de passer des discours aux actes : le 29 mars prochain, 2 000 femmes seront élues dans nos conseils départementaux, alors qu'elles ne représentent aujourd'hui que 13 % de leurs effectifs.
Je mène campagne, car je pense qu'après les événements que nous avons connus, madame, il est important que chacun puisse se rendre compte que si voter est un droit, c'est aussi un devoir. Personne ne peut rester indifférent, deux mois après que notre démocratie a été attaquée. Chaque Français, en quelque sorte, est mis devant ses responsabilités.
Oui, madame, je mène campagne contre l'extrême droite. Car dans le débat politique, il est toujours important qu'une alternative existe, qu'il y ait une droite, une gauche, un camp conservateur, un camp du progrès et que chacun puisse porter ses propositions. C'est la vie de notre démocratie, et c'est ainsi.
Mais à partir du moment où l'extrême-droite a réalisé le score de 25 % aux élections européennes, à partir du moment où les enquêtes d'opinion vous donnent 30 % aux prochaines élections départementales, je considère que, pour l'image de mon pays, pour notre démocratie, cela représente un véritable danger.
Ma responsabilité, celle aussi de tous les républicains, est de faire en sorte que cela ne soit pas possible. Je ne veux pas que le 22 mars, ce pays, mon pays, ma France, se réveille avec la gueule de bois !
Vos candidats sont des dizaines, madame, à tenir des propos antisémites, racistes, homophobes, sexistes et à s'en prendre à des ministres de la République. Voulez-vous que je vous en donne la liste ? Non, ce ne sont pas, madame, des cas isolés ; ce sont des cas graves et vous le saviez parfaitement : ce sont des récidivistes.
Alors, face à cela, madame, oui, je mène campagne. Et je mènerai toujours campagne lorsqu'il s'agira de la France et des valeurs de la République. Je ne confonds pas, madame, les électeurs du Front national, les Français, avec vous. Je veux leur dire que vous les trompez et que votre politique mènerait la France à la ruine, en la sortant de l'euro, de la politique agricole commune, de l'Union européenne. Oui, il faut dire la vérité aux Français. Vous les trompez, vous trompez les petites gens, vous trompez les ouvriers, vous trompez les agriculteurs, vous trompez ceux qui souffrent !
Il est temps qu'il y ait dans ce pays un débat, que l'on déchire le voile, la mascarade qui est la vôtre, que nous affirmions tous, comme je l'ai fait ici le 13 janvier, les valeurs de la République, de la France, que nous rappelions les actes et la politique de mon gouvernement contre la pauvreté, pour l'école, pour les valeurs de la République, pour redresser pays. C'est aussi une réponse à ce que vous portez. Jusqu'au bout, madame, je mènerai campagne pour vous stigmatiser et pour vous dire que vous n'êtes ni la République ni la France !