Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le député Binet, votre constat sombre et sans appel est assez unanimement partagé : le collège ne remplit pas suffisamment bien ses fonctions aujourd'hui pour toute une partie des élèves, auxquels on ne peut pas rester indifférent. On ne peut pas voir sans réagir les résultats se dégrader ces dernières années alors qu'ils s'améliorent dans les pays voisins.
Ce gouvernement a fait de l'éducation sa priorité. Après s'être attaqué à l'école primaire, qui est la base de tout, le temps est venu de réformer profondément le collège, et de le faire comme nous le faisons, de façon globale, en s'attaquant à la fois au fond, c'est-à-dire aux programmes, qui seront révisés pour la rentrée 2016, mais aussi aux pratiques pédagogiques – c'est l'objet de cette réforme – et à l'évaluation du brevet, qui sera également réformée.
Nous le ferons de façon pragmatique, vous l'avez dit, c'est-à-dire non pas en imposant un modèle théorique depuis la rue de Grenelle, mais en s'inspirant de tout ce qui a été inventé par les équipes enseignantes elles-mêmes sur le terrain et qui a rencontré le succès.
Le but est de faire en sorte que les enfants apprennent mieux pour réussir mieux, en acquérant ces fondamentaux que sont le français, les maths, l'histoire-géo, avec des programmes réformés pour hiérarchiser les priorités ; avec aussi une autre façon de travailler : l'interdisciplinarité. L'interdisciplinarité n'est pas un gros mot puisque cela veut dire permettre aux enfants de comprendre ce qu'ils sont en train d'apprendre en croisant les disciplines et en conduisant des projets en collectif. Un enfant qui ne comprend pas grand-chose aux mathématiques ou à la géographie, si on le fait travailler autour du changement climatique , autour d'un projet qui l'intéresse, il sera amené, sans doute, à comprendre le sens et l'utilité de ces connaissances.
Le deuxième point important de cette réforme, c'est l'accompagnement personnalisé. Chaque collégien étant unique, comme vous l'avez dit, il faut cesser de proposer exactement le même format à tous les collégiens et les aider à acquérir des méthodes de travail – trois heures y seront spécifiquement consacrées en sixième notamment. Enfin, tous les enseignants savent combien il est utile d'enseigner à de petits groupes, à de petits effectifs.