Manuel Valls, Premier ministre. Monsieur le député, après mon intervention, l'Assemblée a débuté, en présence de Bernard Cazeneuve, de Christiane Taubira et de Jean-Yves Le Drian, l'examen de ce texte important. Il répond, comme d'autres textes que nous avons fait adopter depuis 2012, aux différentes menaces qui visent notre pays. Comme hier, monsieur Coronado, je serai très clair : la première des menaces que nous avons à affronter est le terrorisme.
Je ne veux pas que l'on puisse croire un seul instant, dans le débat public comme dans cet hémicycle, que nos libertés et notre État de droit seraient menacés par ce texte. Je ne peux pas l'accepter. Je ne parle pas en particulier de votre question, monsieur le député, mais j'ai entendu des interventions surprenantes provenant de différents bancs, dans lesquelles il était question de « police politique ». En écoutant ces interventions, et en lisant certains éditoriaux, je me dis que leurs auteurs sont vraiment à côté de la plaque !
J'ai aussi lu que nous serions en train de légiférer sous la menace du terrorisme : dire cela est non seulement une erreur, mais aussi une faute politique, car le Parlement travaille déjà depuis plusieurs mois sur ce texte. Il est le fruit du travail des députés Jean-Jacques Urvoas et Patrice Verchère, je l'ai rappelé hier encore. Il a été examiné par la commission des lois ; il est à présent en cours d'examen par l'Assemblée tout entière. C'est le Président de la République qui a décidé de légiférer sur ce sujet en juin 2014.
Je le disais il y a un instant : nous avons voté deux textes de loi contre le terrorisme. Nous avons aussi donné des moyens supplémentaires à nos services de renseignement, que j'ai annoncés avec M. le ministre de l'intérieur après les terribles attentats de janvier dernier.
Ce texte, quant à lui, vise à répondre à une menace très précise. Il vise à protéger nos services de renseignement, notamment, mais pas seulement, sur internet, et à encadrer le travail de nos services. C'est un texte équilibré, efficace et en même temps qui garantit nos libertés. Comme l'a dit M. le président de la commission des lois Jean-Jacques Urvoas, qui a pris une part très importante sinon essentielle à sa préparation, ce projet de loi protège nos libertés et renforce notre État de droit.
J'entends, bien entendu, toutes les inquiétudes. Nous devons y répondre. Beaucoup d'amendements ont d'ailleurs déjà été acceptés. C'est l'honneur de notre pays de se doter enfin des moyens d'un État de droit moderne pour lutter contre le terrorisme, tout en protégeant nos libertés fondamentales.
Pas de fantasmes ! Pas de faux débats ! J'invite la représentation nationale à s'unir sur ce texte essentiel. Lutter contre le terrorisme, c'est aussi savoir dépasser ses préventions et être capable de s'unir sur l'essentiel.