Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le député, il est dommage que la violence de vos mots et l'absurdité de vos propos discréditent ce que vous nous dîtes.
Je répondrai cependant en détail. C'est vrai, le 27 avril dernier, nous avons présenté les dotations aux établissements d'enseignement supérieur à l'instance légitime, à savoir le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche – CNESER. Oui, nous avons décidé de mobiliser des fonds de roulement des universités, dont je rappelle ici que le montant global est de 1,5 milliard d'euros. Sur cette somme, nous avons décidé de mobiliser 100 millions d'euros, non pas pour en faire des économies mais pour les redistribuer à l'ensemble de l'enseignement supérieur, en particulier pour financer les emplois que nous nous sommes engagés à créer et qui voient bel et bien le jour : 3 000 emplois ont été créés auprès des établissements d'enseignement supérieur depuis 2012, et 2 000 doivent encore être créés d'ici à 2017.
Ce prélèvement a été opéré de façon extrêmement objective , en regardant les fonds de roulement des universités et en faisant en sorte de ne prendre que ce qui n'était pas mobilisé par des investissements. En d'autres termes, il s'agit uniquement des réserves dormantes des universités , que nous avons réutilisées et réparties autrement. Cela a concerné en France onze universités, vingt-cinq écoles et dix grands établissements. Cette opération ne met aucunement en cause la santé financière et budgétaire de ces établissements puisque ceux-ci pourront continuer à fonctionner exactement de la même manière et que, comme tous les enseignements d'enseignement supérieur, ils bénéficient par ailleurs, depuis 2012, d'une augmentation de 300 millions d'euros du budget des universités. En aviez-vous fait autant lorsque vous étiez aux responsabilités ? Ajoutez à cela, puisque vous parlez de la jeunesse, plus de 450 millions d'euros de bourses que nous avons distribuées depuis que nous sommes là. Monsieur Bertrand, vous admettrez que vous n'avez pas de leçons à donner.