Richard FerrandMonsieur le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, je vous ai interrogé, il y a presque trois ans, sur la tempête qui frappait l'aviculture bretonne, et en particulier le groupe Doux, premier groupe volailler européen, ainsi que l'entreprise Tilly-Sabco que défend mon collègue Gwenegan Bui.
L'arrêt, en 2012, d'une partie de l'activité déficitaire a conduit au licenciement de 1 000 salariés pour la reconversion et la formation desquels l'État et le conseil régional se sont mobilisés.
Aujourd'hui, trois ans après, le groupe Doux a renoué avec la rentabilité et avec la création d'emplois, puisque 3 000 emplois ont pu être sauvés, et plus de 200 contrats à durée indéterminée signés, malgré l'arrêt des aides européennes, annoncé depuis 2005 mais naguère mal anticipé.
L'investisseur D et P Participations a, en 2012, pris le risque de reprendre la majorité du capital. Premier client à l'export, le groupe saoudien Almunajem a rejoint le mouvement en 2014. La mobilisation de l'entreprise, conduite par son président Arnaud Marion, dans le respect du dialogue social, comme l'engagement constructif des syndicats, des salariés et des éleveurs, ont permis de former un « pack » breton solidaire.
Monsieur le ministre, vous avez toujours été à l'écoute de ce « pack », comme en témoignent votre action et celle de votre ancien ministre délégué, M. Guillaume Garot, qu'il s'agisse de médiation auprès de la Commission européenne ou d'accompagnement des phases du redressement. Je pense également à l'intervention utile, quoique tardive, de la BPI, heureusement stimulée par le ministre de l'économie.
Après un redressement réussi, le groupe Doux a suscité des convoitises venant du Brésil et de la Chine. Or hier, devant le comité central d'entreprise du groupe, a été annoncée la cession de la majorité du capital aux groupes français Terrena et Sofiprotéol. Dans ce contexte nouveau, pourriez-vous, monsieur le ministre, tracer les perspectives de développement de la filière avicole française et bretonne pour la reconquête du marché intérieur et la croissance des exportations ?