Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international. J'ai tâché d'écouter votre question en dépit du bruit, monsieur le député, et vous prie de m'excuser si je n'en ai pas tout entendu. Elle porte sur un certain nombre de sujets dont le principal est Daech, si j'ai bien compris. Daech est un ennemi pour tous ceux qui sont ici, pour tous les démocrates et pour tous ceux qui ont tout simplement une fibre humaine. Ses exactions sont sans équivalent. Je ne suis pas d'accord avec vos propos selon lesquels le rôle de la France serait d'aller combattre Daech au sol. Si je vous interrogeais les uns et les autres pour savoir si vous souhaitez l'engagement au sol de la France en Irak et en Syrie, votre réponse serait non, à raison. La réponse, monsieur le député, nous n'avons cessé de la demander. Elle est d'ordre politique. Nous sommes ici pour faire de la politique et proposer la solution grâce à laquelle vaincre Daech à la fois en Irak et en Syrie.
En Syrie, où c'est probablement le plus difficile, la réponse ne consiste pas à prendre parti pour M. Bachar el-Assad, non seulement pour des raisons morales mais aussi pour des raisons pratiques. En effet, si nous prenions parti pour M. Bachar el-Assad qui est aujourd'hui affaibli, nous jetterions la majorité du peuple syrien dans les bras du groupe terroriste Daech. La France, puissance indépendante, ne s'aligne sur personne. Vous avez cité les États-Unis d'Amérique mais de nombreux exemples illustrent les positions indépendantes de la France qui demande la conclusion d'une alliance entre d'un côté, certains éléments de l'opposition, et de l'autre, des éléments du régime à l'exclusion de M. Bachar el-Assad car c'est la seule manière de parvenir à une Syrie intègre et libre et de lutter enfin efficacement contre le groupe terroriste Daech !