François RochebloineAvant de poser ma question, je voudrais rendre hommage à notre ancien collègue Xavier de Roux, qui est décédé. Il a été une grande voix de notre Parlement.
J'appelle l'attention de M. le secrétaire d'État aux anciens combattants et de la représentation nationale sur la reconnaissance que la nation doit aux anciens combattants et victimes de guerre, un sujet qui n'est sans doute pas des plus médiatiques, mais qui reste d'actualité.
Chaque année, nous constatons lors du vote du budget la diminution inexorable du nombre d'anciens combattants. Les générations actuelles ont eu la chance, depuis la guerre d'Algérie et les combats de Tunisie et du Maroc, de ne pas connaître de grands conflits engageant la conscription. Le temps fait son œuvre, mais nous avons le devoir d'assumer cette dette de la nation à l'égard de tous les anciens combattants des deuxième et troisième générations du feu, comme à ceux des missions extérieures, n'en déplaise à la Cour des comptes ou à Bercy, qui n'ont cessé de réduire le peu d'avantages octroyés aux victimes de guerre et ne voient dans les dépenses du ministère des anciens combattants qu'une « charge financière lourde et pas toujours justifiée ».
Qui peut se permettre de telles appréciations ? Qui peut ignorer à ce point le sens du droit à réparation, un droit qui découle de la reconnaissance par la nation, au lendemain de la Première Guerre mondiale, du prix du sang versé par de jeunes Français pour défendre la France, leur pays, la patrie ?
Oui, chers collègues, nous avons toujours défendu le droit à réparation, son maintien et l'égalité entre les générations du feu. C'est l'honneur de la France que d'avoir su instaurer des mesures spécifiques pour les différentes catégories de ressortissants de l'Office national des anciens combattants. C'est aussi cela, le devoir de mémoire. Je suis certain que, sur tous les bancs de notre hémicycle, des voix vont s'élever pour refuser que soit ainsi traité le monde des anciens combattants. Aussi, monsieur le ministre de la défense, je souhaite que vous exprimiez de manière très claire et très ferme l'engagement du Gouvernement…