Gilles LurtonSaint-Malo, ville hautement fréquentée en cette période de vacances, est bloquée depuis plus de vingt-quatre heures. Savez-vous pourquoi, monsieur le Premier ministre ? Face à l'immense sentiment de mépris de votre gouvernement et au dédain de votre ministre de l'agriculture, les agriculteurs sont aujourd'hui dans la rue.
Je les ai rencontrés hier à Saint-Malo. Leurs questions sont simples. Ils veulent vivre de leur travail. Pourquoi leurs produits sont-ils vendus moins cher que ce qu'ils leur coûtent ? Entre le prix d'achat et celui de vente aux consommateurs, que se passe-t-il ? Où passe l'argent ? À ces questions, vous ne répondez rien !
Monsieur le Premier ministre, vous dénoncez les conséquences de la loi de modernisation de l'économie, mais qu'avez-vous fait depuis trois ans ? Quels sont les résultats de la loi d'avenir sur l'agriculture ? Plutôt une absence de résultats ! Qu'avez-vous fait au niveau européen pour reconquérir les marchés extérieurs et redonner de la compétitivité à notre agriculture ?
Après autant de désintérêt et de désinvolture, alors que la maison brûle, vous annoncez aujourd'hui vingt-quatre mesures pour éteindre le feu : des mesures financières d'urgence, certes, mais que valent 1 000 euros alors qu'une exploitation laitière en perd 4 000 tous les mois ? Des mesures financières, certes, mais quelles mesures structurelles pour l'avenir ? Vous ne faites que reporter les charges. Qu'en sera-t-il à l'automne ? Où sont les mesures de simplification des normes tant promises, alors que vous les avez complexifiées à outrance depuis trois ans !
Monsieur le Premier ministre, avec mes collègues bretons, Isabelle Le Callennec, Thierry Benoit, Marc Le Fur et Philippe Le Ray, nous n'avons cessé de vous alerter sur les particularités des éleveurs et des agriculteurs bretons.