Marie-Christine DallozMonsieur le Premier ministre, le mois de janvier étant traditionnellement consacré aux vœux, le chef de l'État n'a pas failli à cette tradition : cette année, nous pouvons constater que la facture est particulièrement lourde et salée. Elle engage la France non seulement pour l'exercice 2016, mais aussi pour la prochaine mandature, jusqu'en 2019 ou 2020, ce qui est pour le moins surprenant.
En effet, le plan d'urgence pour l'emploi annoncé le 18 janvier s'élève à 2 milliards d'euros ; l'actualisation de la loi de programmation militaire à 7 milliards d'euros de 2016 à 2019, dont 2,2 milliards sur l'exercice 2016 ; la généralisation du service civique, annoncée lors des vœux à la jeunesse et aux forces de l'engagement, à plus de 1 milliard d'euros , dont 150 millions d'euros a minima pour 2016 ; l'aide aux éleveurs, à 290 millions d'euros immédiatement, du moins faut-il l'espérer.
Le Président a également annoncé une aide de 1 milliard d'euros au profit de la Tunisie, qui devrait être décaissée sur cinq ans. Quant aux financements alloués à l'action de la France pour le climat, la fourchette se situe entre 3 et 5 milliards d'euros d'ici à 2020.
Voilà le résultat non exhaustif des vœux du Président – de chers vœux ! Mais, fort naturellement, janvier est fini : peut-être allons-nous enfin connaître précisément le véritable coût de ces annonces. Je rappelle, monsieur le Premier ministre, que votre gouvernement a inscrit dans le projet de loi de finances pour 2016 une réduction des dépenses pour un total de 16 milliards d'euros
Or les dépenses nouvelles annoncées atteindront entre 5 et 7 milliards d'euros. Paradoxalement, vous avez rappelé l'objectif de 50 milliards d'euros d'économies sur la période 2015-2017. Où est la vérité ? Comment peut-on sérieusement faire autant d'annonces de dépenses nouvelles en assurant tenir le cap du déficit ? Plus généralement, quelle sera la crédibilité de la signature de la France après vous, au niveau national comme international ?