Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics. Madame la députée, dans votre question, vous soulignez deux points qui correspondent à la vérité de la situation.
Tout d'abord, l'année dernière, 2015, a permis à la France de retrouver des couleurs du point de vue de l'activité – ce qu'on appelle la « croissance ». L'objectif que nous nous étions assigné et que la majorité avait voté était d'atteindre une croissance de 1 % en 2015 : il a été légèrement dépassé. Il n'y a pas de quoi se réjouir, mais il n'est pas arrivé souvent qu'on atteigne ses objectifs. Or, cette fois-ci, nous avons atteint le nôtre en termes de croissance.
Le deuxième élément que vous soulignez, à juste titre, est que cette croissance est encore insuffisante et qu'il existe, au niveau européen ou international, des risques, des situations que nous devons surmonter grâce aux atouts de notre économie.
Pour 2016, l'objectif que nous nous sommes assigné ensemble est d'atteindre au moins 1,5 % de croissance. Cet objectif est lui aussi, toujours pour reprendre les termes de la Cour des comptes, « atteignable », à condition d'abord que nous fassions face ensemble, avec d'autres pays, aux aléas internationaux. Que se passe-t-il dans les pays émergents, en Chine, au Brésil ou en Russie ? Que se passe-t-il en Europe ? Nous devons agir pour stabiliser l'économie européenne, en appuyant aussi certains pays en difficulté, comme le Portugal, l'Espagne ou quelques autres.
Nous devons aussi valoriser nos atouts, parmi lesquels, vous l'avez souligné, l'investissement. Notre investissement reprend et les entreprises prévoient qu'il connaîtra cette année une forte hausse, qui devrait atteindre 7 %. Parmi nos atouts, il faut citer aussi l'exportation et le tourisme. Je tiens, pour conclure, à rendre moi aussi hommage à l'action de Laurent Fabius, qui a eu à diriger notre force d'exportation.