Philippe GomesMonsieur le Premier ministre, je m'adresse à vous aujourd'hui avec une certaine gravité. Imaginez-vous au volant de votre véhicule sur une route de France que vous devez obligatoirement emprunter quotidiennement. Imaginez que, de façon récurrente, les automobilistes y fassent l'objet de tirs par armes à feu et de caillassages organisés.
Eh bien cette situation, depuis plus de trois mois, 15 000 Calédoniens la vivent chaque jour lorsqu'ils traversent la tribu de Saint-Louis, principalement les Mont-Doriens. C'est la peur au ventre qu'ils entrent dans cette zone, craignant pour leur vie et celle de leurs enfants.
La situation s'est aggravée ces derniers jours puisque pas moins de quatre véhicules ainsi que des blindés de gendarmerie ont fait l'objet de tirs nourris qui ont conduit à interrompre la circulation pendant trente-six heures.
Cette situation n'est pas tolérable sur le territoire de la République et il doit y être mis fin.
J'en profite pour saluer le travail courageux effectué par les gendarmes dans un contexte particulièrement dangereux.
L'ensemble des formations politiques de Nouvelle-Calédonie, indépendantistes et non indépendantistes, a condamné unanimement ces exactions et mis en exergue le risque qu'elles faisaient peser sur la paix dans notre pays, paix à laquelle aspire l'immense majorité de la population.
Il faut donc revoir le dispositif en place aux abords de la tribu de Saint-Louis et mettre en place une zone de sécurité permanente, 24 heures sur 24, qui permette à nos concitoyens de circuler en toute sérénité lorsqu'ils traversent cette tribu.
Cette zone devra être maintenue tant que les auteurs des faits délictueux, ces tueurs en puissance, n'auront pas été incarcérés. Il faut agir vite avant qu'un drame ne survienne car après, il sera peut-être trop tard. Tel est le sens de mon interpellation.