Catherine CoutelleMadame la secrétaire d'État chargée des droits des femmes, ma question s'adressait à M. Vidalies, ministre chargé des transports, de la mer et de la pêche.
Le 10 janvier dernier, l'État a pris un arrêté déclarant l'utilité publique du barreau LGV Poitiers-Limoges. Nous sommes en 2015. Ce projet, lancé en 2003, a fait l'objet de nombreux débats, études, polémiques et prises de position pas toujours cohérentes. Depuis le début, d'abord en tant qu'élue locale, puis en tant que députée, depuis 2007, d'une circonscription entièrement traversée par cette ligne, j'ai toujours défendu ce projet, y compris en proposant par voie d'amendement son inscription dans la loi Borloo.
Je pense pour ma part que cette ligne a un intérêt, à trois conditions : premièrement, qu'elle désenclave rapidement Limoges et le Limousin ; deuxièmement, que ce barreau s'inscrive dans une vision plus ambitieuse d'aménagement du territoire qu'est la transversale Nantes-Poitiers-Limoges puis Lyon par le POCL – Paris-Orléans-Clermont-Ferrand-Lyon – ces grandes transversales, on le sait, manquent à la France à cause d'un réseau en étoile hérité du XIXe siècle ; troisièmement, qu'elle s'inscrive dans le cadre des grands projets européens avec les financements correspondants.
La LGV Sud Europe Atlantique, en cours de construction, a déjà généré des milliers d'emplois et de formations, ainsi que de nombreuses commandes pour le BTP.
Mais mon soutien a toujours pris en compte les nuisances occasionnées par ces grands projets – gel des plans locaux d'urbanisme, impact sur les terres agricoles et les exploitations, perte de valeur des patrimoines immobiliers et fonciers des particuliers. Ces problèmes peuvent être dramatiques pour ceux qui les subissent ou les craignent.
Ségolène Royal, en réponse à une question que lui posait la semaine dernière Véronique Massonneau, a indiqué que la décision finale serait prise après que la commission Mobilité 21, présidée par Philippe Duron, aura rendu un nouveau rapport et que le juge administratif se sera prononcé sur les recours engagés.
Madame la secrétaire d'État, opposants et partisans du projet s'accordent sur un point : ils souhaitent qu'une décision définitive soit enfin prise, dix ans après.
Je ne comprends pas l'objet de cette nouvelle demande adressée à la commission 21. Aussi je vous prie de nous dire quand sera annoncée la décision finale. Et quelle que soit cette décision, afin d'anticiper toutes les situations, pouvez-vous nous indiquer quelles garanties l'État entend-il offrir pour limiter au maximum les nuisances et faire de la procédure une procédure exemplaire, voire trouver des solutions innovantes ? Sachant qu'il est devenu très difficile dans notre pays de mener à bien de grands projets, comment l'État compte-t-il s'y prendre pour que personne ne soit victime mais qu'au contraire tout le monde soit gagnant ?