Fleur Pellerin,
Ministère de la culture et de la communication •
17 janv. 2017L'harmonisation de l'enseignement supérieur des arts plastiques avec le schéma européen d'enseignement supérieur licence-master-doctorat (LMD), issue des accords de Bologne, a nécessité depuis dix ans une série de réformes pédagogiques et juridiques, dont certaines sont encore inabouties. S'agissant des écoles supérieures d'art, le ministère de la culture et de la communication a priorisé les réformes pédagogiques (semestrialisation, système européen de transfert et d'accumulation de crédits (ECTS), mémoire de second cycle), afin de favoriser la mobilité des étudiants. Ceci a conduit à la délivrance d'un diplôme de second cycle conférant grade de master en 2012, après que l'ensemble des écoles nationales et territoriales ont été évaluées positivement par l'agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) en 2010. La procédure de renouvellement de l'habilitation au grade est actuellement en cours. Elle conduira l'ensemble des écoles à rejoindre le calendrier des vagues universitaires d'évaluation, dans le cadre de la politique de site définie par la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche. Parallèlement, les collectivités territoriales ont dû transformer leurs écoles, gérées très majoritairement sous forme de régie directe communale ou intercommunale, afin qu'elles bénéficient de l'autonomie juridique et pédagogique nécessaire à la reconnaissance de leurs diplômes de niveau bac + 5 au grade de master et que leurs directeurs puissent délivrer des diplômes de l'enseignement supérieur au nom de l'État, conformément aux dispositions de la loi du 4 janvier 2002 modifiée relative à la création d'établissements publics de coopération culturelle. Entre 2009 et 2011, 31 établissements publics de coopération culturelle (EPCC) ont ainsi été créés, dont deux réunissant les disciplines du spectacle vivant aux arts plastiques (Strasbourg-Mulhouse et Toulouse). En 2014, l'école supérieure d'art de Lorraine a intégré le centre de formation des enseignants de danse et de musique. À partir de 2016, le processus de convergence avec le schéma LMD a franchi une nouvelle étape. Le Gouvernement a déposé, en avril 2015, sur les bureaux des deux assemblées, un rapport évaluant les conditions d'alignement du statut des enseignants des écoles territoriales d'art sur celui des enseignants des écoles nationales d'art, conformément aux dispositions de l'article 85 de la loi du 22 juillet 2013. Les conclusions du rapport privilégient la création d'un cadre d'emplois spécifique des professeurs territoriaux d'enseignement supérieur d'arts plastiques, dont l'échelonnement indiciaire serait identique à celui de la fonction publique d'État. La mise en œuvre de cette solution se construit par le démarrage d'un travail interministériel entre la direction générale de la création artistique, la direction générale des collectivités locales, la direction générale de l'administration et de la fonction publique, la direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle et la direction du budget. La loi no 2016-925 du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine (LCAP) poursuit la structuration de l'enseignement supérieur et de la recherche en arts plastiques en prévoyant la possibilité de créer des troisièmes cycles dits « de création » avec des écoles doctorales et des diplômes d'école de niveau post-master. Elle permettra en outre aux écoles de la création de bénéficier de la procédure d'accréditation des établissements d'enseignement supérieur généralisée par la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur et à la recherche. Cette procédure se substitue au régime d'habilitation des diplômes. L'harmonisation avec le schéma LMD de l'enseignement supérieur des arts plastiques s'achèvera avec la reconnaissance au grade de licence du nouveau diplôme national d'arts plastiques recréé en 2014. Le ministère chargé de l'enseignement supérieur a été saisi de ce projet, qui devrait aboutir en 2018. La loi LCAP prévoit, dans son article 52, la création d'un Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche artistiques et culturels (CNESERAC), placé auprès du ministre chargé de la culture, qui aura notamment pour mission d'assurer la cohérence des formations et de la recherche au sein de l'enseignement supérieur culture. Il comprendra notamment des représentants élus des personnels et des étudiants de ces établissements, ainsi que des représentants des secteurs professionnels principalement concernés. Il associera aussi un représentant du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Le décret précisant la composition et le fonctionnement du CNESERAC est actuellement en voie de finalisation et devrait faire l'objet d'une prochaine publication.