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🧭Gouvernement Cazeneuve
Bernard Cazeneuve
, Premier ministre
Jean-Marc Ayrault
, Ministère des affaires étrangères et du développement international
Ségolène Royal
, Ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargé des relations internationales sur le climat
Najat Vallaud-Belkacem
, Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche

Marisol Touraine
, Ministère des affaires sociales et de la santé
Jean-Yves Le Drian
, Ministère de la défense
Jean-Jacques Urvoas
, Ministère de la justice
Myriam El Khomri
, Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social
Jean-Michel Baylet
, Ministère de l'aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales
Bruno Le Roux
, Ministère de l'intérieur
Stéphane Le Foll
, Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt
Emmanuelle Cosse
, Ministère du logement et de l’habitat durable
Audrey Azoulay
, Ministère de la culture et de la communication
Laurence Rossignol
, Ministère des familles, de l'enfance et des droits des femmes
Annick Girardin
, Ministère de la fonction publique
Patrick Kanner
, Ministère de la ville, de la jeunesse et des sports
Ericka Bareigts
, Ministère des outre-mer
Matthias Fekl
, Ministère de l'intérieur
💬perspectives
Éric Woerth
1 févr. 2017politique économiqueperspectives


M. le président. La parole est à M. Éric Woerth, pour le groupe Les Républicains.

M. Éric Woerth. Monsieur le ministre de l'économie et des finances, le quinquennat se termine sur une information économique accablante : la croissance française, en 2016, a été inférieure à celle de 2015 – elle s'est limitée à 1,1 %, contre 1,2 % en 2015, alors que l'objectif était 1,4 %. C'est ce qui s'appelle un sacré trou d'air ! Nous vous avons alerté sur ces prévisions irréalistes, mais, rien à faire, comme la marquise, vous avez préféré vous persuader que tout allait bien !

Si vous jetiez un coup d'œil à nos voisins européens, vous verriez que la croissance britannique culmine – elle a atteint 2 % – et que l'Allemagne enregistre son plus haut niveau depuis cinq ans, à 1,9 %. Vous vous félicitez ce matin d'une croissance qui témoigne, dites-vous, d' « une activité dynamique » ; j'imagine que c'est un trait d'humour, à moins que vous ne parliez de nos voisins européens ? La vérité est qu'en France, la croissance diminue et que le chômage de masse perdure.

Votre prédécesseur au ministère de l'économie se vante pourtant d'avoir accompli un travail formidable pour libérer l'économie et relancer l'activité. Mais, confrontée à la réalité, la loi « pour la croissance », dite « loi Macron », est devenue la loi « pour le ralentissement de la croissance ». Bravo, belle performance !

Je ne doute pas que vos services trouveront de bonnes raisons pour expliquer ce mauvais chiffre, mais la seule chose qui compte aux yeux des Français, ce sont les résultats. Votre politique économique ne suit aucune direction : un jour, vous augmentez les impôts, le lendemain, vous les baissez ; un jour, vous augmentez la dépense publique, le lendemain, vous la réduisez. Les Français paient votre politique au prix fort !

J'ajoute que l'inflation sera plus forte que prévu, ce qui, dans un contexte de croissance faible, induira moins de pouvoir d'achat pour les ménages.

Au-delà de nos divergences politiques, vous conviendrez que, si l'on ne fait pas le bon diagnostic, on ne trouve pas les bonnes solutions. Aussi, monsieur le ministre, quand allez-vous enfin ouvrir les yeux sur la situation de l'économie et de l'emploi en France ? (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie et des finances.

M. Michel Sapin, ministre de l'économie et des finances. Monsieur le député, les chiffres ont été publiés ce matin par l'INSEE : il est donc parfaitement légitime que vous interrogiez le Gouvernement sur le taux de croissance de notre pays en 2016. Comme vous le savez, l'INSEE a également communiqué des informations sur l'activité au quatrième trimestre de 2016 et fait part de ses prévisions pour le début de l'année 2017. Je comprends que, dans la période actuelle, il vous soit difficile d'adresser des compliments à un gouvernement que, par ailleurs, vous combattez. Vous avez donc omis de dire – car, de fait, vous ne l'ignorez pas – que la croissance a été forte à la fin de l'année 2016 et le sera également en ce début d'année 2017, ce qui conforte les prévisions de croissance pour l'ensemble de l'année 2017. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe Les Républicains.)

Je reviens à l'année dernière. Quelles sont les caractéristiques de ce que j'appellerais l'« activité économique » en France, au cours de l'année 2016 ? Monsieur Woerth, pour avoir été à ma place, vous savez lire ces chiffres et vous n'ignorez pas ce qu'ils représentent. La première caractéristique de l'activité économique en 2016, c'est que l'investissement des entreprises a repris, pour atteindre un niveau très élevé. Or l'investissement des entreprises est décisif pour l'activité économique et pour la création d'emplois. Vous savez en effet qu'en 2016 le nombre des emplois créés a permis – enfin, me direz-vous – de faire reculer le chômage. C'est ce qui compte aux yeux des Français.

La seconde caractéristique de l'activité économique en 2016 est que le pouvoir d'achat des ménages a augmenté, ce qui a aussi soutenu l'activité.

L'explication de la différence, que vous avez raison de souligner, entre le résultat et la prévision de croissance pour 2016, soit 0,2 %, tient aux mauvais résultats de la production agricole. C'est une réalité, que je n'entends pas nier.

Pour le reste, l'activité a été soutenue en 2016 et sera encore plus élevée en 2017. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe socialiste, écologiste et républicain.)

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