🤔Situation des AESH et gestion des accidents de vie dans l'Éducation nationale23 janv. 2024 •
Léo Walter •
fonctionnaires et agents publics M. Léo Walter alerte Mme la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux Olympiques et Paralympiques sur le statut précaire des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Il signale à Mme la ministre un article du Figaro, paru le 22 décembre 2023, qui témoigne de la situation bouleversante de l'une d'entre elles. Diagnostiquée d'un cancer en avril 2023, Clothilde Meyer, AESH dans l'académie de Paris, dépose un premier arrêt maladie en mai. Contractuelle de la fonction publique depuis plus de trois ans, elle avait droit à un congé de maladie grave et à l'intégralité de son salaire sur un an. Cependant, le versement de son salaire est suspendu dès le mois d'août 2022. Elle interpelle le rectorat de Paris à diverses reprises à partir de mars 2023, mais ne reçoit de l'administration que des réponses confuses et contradictoires, voire pas de réponse du tout. Quelques versements sont effectués sur son compte au cours de l'année 2023, mais leurs montants, fort éloignés de ce qui lui est dû, sont de plus irréguliers et incohérents. À partir de son placement en soins palliatifs, c'est la famille de Clothilde Meyer qui prend le relais des démarches administratives puis décide, face à l'inaction du rectorat, de médiatiser sa situation. En janvier 2024, Clothilde Meyer est décédée des suites de sa maladie, sans avoir pu obtenir ses droits. À la lumière de ce dramatique exemple, M. le député souhaite alerter à nouveau Mme la ministre sur la précarité des AESH ; mais également sur la « maltraitance institutionnelle » que constitue le traitement purement administratif trop souvent dénué de toute empathie des situations personnelles parfois douloureuses des agents de l'éducation nationale. M. le député souligne que le salaire moyen des AESH (moins de 900 euros) est inférieur au seuil de pauvreté, que celles-ci (essentiellement des femmes) doivent faire face à l'augmentation du coût de la vie et (en particulier dans les départements ruraux) du coût des déplacements et que la généralisation des pôles inclusifs d'accompagnement localisés (Pial) à la rentrée 2021 a encore dégradé leurs conditions de travail. Il rappelle que son groupe parlementaire a porté une proposition de loi mais également de nombreux amendements au projet de loi de finances pour 2024 pour améliorer le statut professionnel, le salaire et les conditions de travail des AESH, sans que ces propositions, pourtant essentielles, ne soient prises en compte par le Gouvernement. Il rappelle également avoir alerté à plusieurs reprises les prédécesseurs de Mme la ministre sur le mépris institutionnel ressenti par de très nombreux agents, fonctionnaires ou contractuels, de l'éducation nationale. C'est pourquoi il interroge Mme la ministre sur ce qui a été fait par le ministère pour répondre à la détresse de la famille de Clothilde Meyer. Et, au-delà de ce cas particulier, sur ce qu'elle compte mettre en place pour améliorer la situation professionnelle des AESH ; mais aussi pour remédier aux lourdeurs administratives et à la gestion trop souvent déshumanisée qui affectent l'ensemble des salariés de son ministère.