Alain TourretEn 2008, c'était Jean-Marie Gustave Le Clézio qui obtenait le prix Nobel de littérature ; aujourd'hui, c'est Patrick Modiano, cet écrivain à la finesse indéfinissable. Cette même année 2014, Jean Tirole obtient le prix Nobel d'économie. Comme vous venez de le souligner, monsieur le président, deux prix Nobel pour la France, en littérature et en économie, c'est du jamais vu, et cela réduit à néant le pessimisme de M. Zemmour, qui ne parle que de déclin et de décadence !
Aujourd'hui, nous apprenons qu'une chaîne d'information en continu, LCI, dont la qualité fait l'unanimité, est condamnée à disparaître au motif que le CSA lui interdit l'accès à la TNT gratuite. D'aucuns parlent d'assassinat. Ces mots sont durs, mais ils sont l'expression du désespoir de journalistes et de techniciens, dont 248 risquent de perdre leur emploi.
La suppression d'une chaîne d'information, comme la disparition d'un journal, c'est une part de liberté qui disparaît, c'est la démocratie qui est atteinte, c'est la République qui est touchée !
Le Président de la République s'en est ému le 8 octobre, estimant que la situation pouvait être réexaminée. Le Gouvernement peut ne rien dire, ne rien faire, en constatant que le CSA est une autorité indépendante qui peut se prononcer en fonction des impératifs publicitaires. Nous ne pouvons accepter une telle neutralité ! Si le CSA a pour mission de participer à la disparition de la liberté d'informer, il n'a plus vocation à exister. Dans tous les cas, la loi qui lui confie un pouvoir aussi exorbitant doit être modifiée !
Ma question est donc simple : le Gouvernement accepte-t-il la situation créée par la décision du CSA d'interdiction du passage de LCI à la TNT gratuite ? Le Gouvernement accepte-t-il la disparition de cet espace de liberté ? Que compte-t-il faire ?