Valérie BoyerMonsieur le Premier ministre, mes chers collègues, avec 12,5 milliards d'euros au lieu des 9,5 milliards votés lors du dernier budget, le déficit de la Sécurité sociale dérape.
Le 3 juin dernier, madame la ministre Touraine répondait devant les sénateurs à une question portant sur l'aide médicale d'État – prestation qui permet aux étrangers en situation irrégulière de se faire soigner en France – et avouait enfin que son budget s'est envolé, passant de 588 à 744 millions d'euros en un an en raison du bond du nombre de bénéficiaires dont on ne connaît d'ailleurs pas le chiffre exact ; elle a également précisé que la hausse de la fraude à l'AME est massive, des fraudes tellement importantes que le journal Le Parisien y a consacré un dossier spécial.
En effet, pour des motifs idéologiques, vous avez supprimé le timbre instauré en 2011 par François Fillon, à la demande de Dominique Tian, qui avait pourtant permis de réduire de 200 000 le nombre de bénéficiaires de cette prestation.
De nos jours, un clandestin capable de justifier de sa présence sur le territoire depuis trois mois est pris en charge à 100 % alors qu'une personne qui cotise à la Sécurité sociale n'est prise en charge qu'à 70 % pour ses consultations et entre 15 % et 65 % pour les médicaments.
Alors que, faute d'informations, mon collègue Claude Goasguen peine à rédiger un rapport chiffré sur l'AME, vous décidez tout de même d'augmenter de 73 millions d'euros le budget global de cette dernière. Sur quelle base ? À ce rythme, son budget atteindra le milliard d'euros en 2016 !
Mais cela ne s'arrête pas là !
De nombreux étrangers en situation irrégulière n'attendent désormais qu'une chose : leur régularisation et le passage de l'AME à la CMU ou à la CMU-C qui, en plus de la gratuité des frais de santé, entraîne de nombreux avantages tels que des tarifs préférentiels pour les transports, EDF, le gaz, la cantine, etc.
Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires de la CMU-C a flambé et a augmenté d'un million de personnes puisqu'il est passé de 5 à 6,3 millions.
Dans ce système devenu injuste et fou, ce sont encore les classes moyennes, celles qui cotisent, qui bénéficient le moins…